Kinshasa 8 avril 2026 (ACP).- Rien que pour le compte de la première partie de l’année 2026, la section Genre de la Monusco avait enregistré quatre cas de femmes victimes de violences conjugales, trois cas de viols sur mineures, et plus de dix autres de femmes victimes de cyberharcèlement et de cyber violence, selon un article consulté.
A la fin du mois de mars 2026, une vidéo était devenue virale sur la toile montrant un homme politique nu indépendamment de sa volonté. Son entourage avait signalé que des personnes mal intentionnées l’avaient contacté auparavant pour lui demander une somme de 50.000 dollars, avant de commettre ce forfait.
Des cas similaires sont également signalés. Et pour d’autres qui n’ont pas le courage d’affronter le problème ou de dénoncer le mal suite au choc, préfèrent se taire et souffrir dans le silence.
D’après un professionnel de droit, tous ces cas qui exercent une violence contre une personne en vue de nuire à son honneur et à sa tranquillité sont « bel et bien » des cas de cyber-harcèlement.
Il s’agit d’un comportement réprimé par l’ordonnance- loi du Président Félix Tshisekedi du 13 mars 2023 portant Code du numérique.
« Quiconque aura harcelé par le biais d’un système informatique ou d’un réseau de communication électronique, une personne alors qu’il savait ou aurait dû savoir qu’il affecterait gravement par ce comportement la tranquillité de la personne visée, sera puni d’une servitude pénale d’un mois à deux ans et d’une amende de 500 000 à 10. 000.000 de FC ou de l’une des ces peines seulement », a-t-on lu.
Les éléments constitutifs d’un harcèlement
Par ailleurs, selon la loi, les éléments constitutifs de cette infraction sont entre autres ; la répétition, la matérialité des faits, l’isolement, la déstabilisation et les effets de la victime.
En ce qui concerne la répétition, le harcèlement suppose des actes répétés et non un complément isolé. Toutefois, un seul acte « extrêmement » grave peut suffire à caractériser le harcèlement dans certain contexte.
Quant à la matérialité, il s’agit des faits concrets, tels que les propos et comportements hostiles (insultes, moqueries, humiliations, menaces dans les réseaux sociaux), alors que l’isolement renvoie à l’ignorance de la présence ou à l’interdiction de communiquer.
Pour ce qui est de la déstabilisation, il fait allusion à la personne qui veut répandre des rumeurs sur quelqu’un, ou remettre en cause les compétences de la personne harcelée.
Enfin, les effets de la victime supposent que les agissements malsains doivent porter atteinte aux droits et à la dignité de la personne, ou encore altérer la santé physique ou morale (stress, dépression…..) et compromettre son avenir professionnel. En toute somme, le cyber harcèlement peut survenir dans tout le milieu de la vie social, au travail ou à l’école.
En droit congolais, le juge du tribunal de paix qui est compétent pour juger une affaire de harcèlement en ligne, peut prononcer soit une peine de servitude pénale ainsi qu’une amende ou l’une des peines seulement.
ACP/C.L.

