Kinshasa, 30 avril 2026 (ACP).- Les défenseurs des droits humains (DDH) ont été considérés, jeudi, comme des sentinelles de la démocratie, par le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), lors de l’atelier de lancement de la coalition nationale des défenseurs des droits humains en République démocratique du Congo (RDC).
« La création de cette coalition nationale intervient dans un contexte où le rôle des DDH n’a jamais été aussi crucial. En effet, les défenseurs constituent les sentinelles de notre démocratie. Ils œuvrent souvent dans des conditions difficiles pour promouvoir la dignité humaine, consolider l’État de droit et assurer la redevabilité des institutions publiques, ainsi que pour protéger les personnes les plus vulnérables», a déclaré Paul Nsapu, président de la CNDH-RDC, dans un message vidéo diffusé à cette occasion.
« Il est de notoriété publique que ces acteurs essentiels sont encore très souvent confrontés à des menaces, à des actes d’intimidation, à des poursuites judiciaires abusives, voire à des atteintes à leur intégrité physique», a-t-il ajouté.
Il a fait savoir que d’autres réalités interpellent la conscience collective et appellent à une réponse constitutionnelle ainsi qu’à des solutions durables. C’est précisément dans cette perspective que s’inscrit la coalition nationale, qu’il a salué pour sa vocation exclusive, indépendante et résolument engagée, avant de promettre son soutien à cette nouvelle initiative.
Une opportunité importante pour renforcer la solidarité
De son côté, Souleymane Coulibaly, chef de l’unité Justice transitionnelle du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), a fait savoir que la coalition nationale des DDH est une opportunité importante pour renforcer la coordination, solidarité entre les acteurs de l’écosystème et la protection de ces défenseurs.
Pour M. Coulibaly, bien que cette initiative témoigne de la vitalité et de l’engagement de la société civile congolaise, il convient de rappeler que la situation des DDH en RDC demeure inquiétante.
« Certes, des avancées notables ont été enregistrées, notamment avec l’adoption de la loi 23/27 du 15 juin 2023, portant sur la protection et la responsabilité des DDH en RDC, comme le stipule l’arrêt d’implication du 24 mai 2024. Cependant, ces instruments présentent encore des lacunes importantes qui limitent leur effectivité sur le terrain », a-t-il dit.
M. Coulibaly a, par ailleurs, indiqué que dans les zones affectées par des conflits sous le contrôle de groupes armés, notamment l’AFC/M23, les DDH subissent une véritable souffrance, caractérisée par la violation de leurs droits.
ACP/C.L.

