RDC : les droits économiques et socio-culturels des vulnérables, priorités d’une association

Kinshasa, 23 juillet 2026 (ACP).– Les droits économiques et socio-culturels  des vulnérables de la République démocratique du Congo (RDC), à travers  la lutte contre la précarité des ménages, ont été sélectionnés comme priorité de l’Asbl « Élan d’espoir », à l’issue de  l’adoption du plan triennal (2026-2028), a appris l’ACP  jeudi, de la vice-présidente de cette association.

« Nous avons constaté que les violations les plus fréquentes concernent l’accès à des soins de santé de qualité, surtout pour les personnes qui ne disposent pas de moyens financiers suffisants. Il y a aussi les violences économiques des femmes qui impactent leurs ménages. Raison pour laquelle nous avons mis en première position cette lutte dans notre plan triennal à travers notre clinique juridique de droit de la santé que je coordonne », a déclaré Me Charline Asifiwe, vice-présidente de l’Abl Élan d’espoir.

Selon elle, ces violations qui impactent sur les droits économiques, sociaux et culturels (DESC) des vulnérables dépassent le seul secteur de la santé et touchent directement les conditions de vie en général, qui, a-t-elle relevé, demandent l’implication des acteurs pluridisciplinaires.

« Les violences liées à l’abandon de famille plongent de nombreuses femmes et leurs enfants dans la précarité économique, l’insécurité alimentaire et la malnutrition, compromettant le fonctionnement des ménages et la scolarisation des enfants », a-t-elle soutenu.

Elle a précisé que « les droits économiques socio-culturels (DESC) sont des droits fondamentaux qui garantissent à chaque citoyen une vie digne». 

« Les DESC, encore appelés les droits de la deuxième génération, notamment le droit au travail, à la santé, à l’éducation, à la sécurité sociale, droit à un niveau de vie suffisant (logement décent, l’eau…), sont des droits fondamentaux qui garantissent à chaque personne des conditions de vie dignes », a expliqué l’avocate. 

Garantir les droits économiques et sociaux de ces groupes, un préalable

Par ailleurs, la coordinatrice du projet Clinique juridique de santé au sein de cette Asbl, a relevé que les femmes, les enfants, les personnes vivant avec handicap, les personnes âgées, les déplacés internes ainsi que les populations rurales demeurent les catégories « les plus exposées» à ces violations, en raison de la pauvreté, des discriminations et de l’accès limité aux services sociaux essentiels, a-t-elle précisé, avant de soutenir que « garantir les droits économiques et sociaux de ces groupes constitue un préalable pour une véritable justice sociale ».

Évoquant les actions de son organisation, Me Asifiwe a fait savoir que la Clinique juridique de droit de la santé offre une assistance gratuite aux victimes ne disposant pas de ressources financières suffisantes pour défendre leurs droits devant les juridictions compétentes.

« Nous avons accompagné avec succès des victimes de violences sexuelles jusqu’à l’obtention des décisions favorables devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Matete. Nous suivons également des dossiers de mères abandonnées afin que leurs enfants bénéficient d’une prise en charge conforme à leurs droits », a-t-elle précisé.

S’agissant des défis rencontrés, elle a estimé que l’ignorance des droits et les difficultés économiques constituent les principaux freins à l’accès à la justice. 

« Beaucoup de victimes renoncent aux démarches judiciaires parce qu’elles cherchent d’abord à satisfaire leurs besoins essentiels. Sans accompagnement financier et juridique, leurs droits restent souvent théoriques », a-t-elle déploré.

La vice-présidente de l’ASBL Élan d’Espoir a indiqué, en outre, que son organisation mise sur la sensibilisation communautaire, la formation de para juristes et l’organisation de procès fictifs dans les universités afin de développer une culture du respect des droits humains. 

« Nous voulons aller au-delà de la sensibilisation pour conscientiser les communautés et préparer une nouvelle génération de juristes engagés dans la défense du droit à la santé et de la justice sociale », a-t-elle conclu. 

ACP/AGH

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