RDC : les Nations Unies  appelées à reconnaître le génocide congolais 

*Kinshasa, 2 août 2025 (ACP).-* Les Nations Unies et l’Union africaine ont été appelées, samedi, par la  ministre des Droits humains à reconnaître les crimes commis en République démocratique du Congo, particulièrement dans sa partie Est, lors de son intervention à l’occasion de la commémoration du génocide congolais (Genocost) à Kinshasa.

 » Alors que nous commémorons, aujourd’hui, nous demandons solennellement la reconnaissance officielle par les Nations Unies, l’Union africaine et les États membres (…) caractère génocidaire les crimes commis en RDC », a déclaré Me Chantal  Chambu , ministre des Droits humains.

Elle a demandé aussi à la communauté internationale, au nom du gouvernement congolais, la création du Tribunal spécial pour le Congo chargé de poursuivre les auteurs des crimes graves, y compris les actes de génocide, commis dans le pays.

Pour la ministre des Droits humains, la reconnaissance du génocide congolais n’est pas un acte diplomatique, c’est plutôt un acte de vérité, un acte de justice et un acte de mémoire, en soi un acte humain.

 » C’est posé la pierre sur une tombe oubliée, c’est dire aux survivants votre souffrance compte,  votre vie a de la valeur, votre horreur, votre histoire mérite d’être entendus « , a martelé Chantal Chambu 

La ministre des Droits humains, a, par ailleurs, demandé  l’établissement de la date du 2 août Jour international de mémoire pour les victimes congolaises du génocide, avant d’appeler à la mobilisation de la communauté internationale pour garantir réparation,  justice, et garantie de la non-repetition.

Et de marteler:  » ce que nous demandons n’est pas un privilège, c’est un droit », soutenant qu’il s’agit  du droit de peuple à la vérité, les droits des victimes à la justice et le devoir de l’humanité à se souvenir.

Elle a , pour se faire recommandé, au nom du gouvernement, le financement immédiat et suffisant de la mission d’enquête indépendante sur les crimes graves commis en RDC. Celà, tel que décidé par le Conseil des Nations Unies aux droits de l’homme, le 07 février 2025. expliquant que cette mission d’enquête, censée faire la lumière,  est restée sous financée et entravée, faute des moyens et de volonté politique.

 » Comment  alors connaître la vérité ? « , s’est-elle posé la question.

La ministre congolaiss des Droits humains n’a pas oublié de rappeler le « Rapport Mapping « , publié en 2010, qui a documenté 617 incidents des massacres et des crimes de masse. C’était qualifiable de génocide et appelait à  des enquêtes approfondies,  déplorant : « à ces jours, aucune instances internationales n’a officiellement reconnu le génocide congolais »

Elle a, en outre posé la question; pourquoi c’est deux poids, deux mesures ?  Et pourquoi, certaines tragédies méritent-elles la reconnaissance, et d’autres non ?

*Des millions de victimes congolaises, de plus de trois décennies, réclament vérité et justice* 

Par ailleurs, la ministre des Droits humains a, soutenu qu’elle n’a pas seulement pris la parole en ce jour commemoratif, comme une porte-voix d’un pays meurtri, mais comme étant la représentante des millions de victimes congolaises dont le cri de vérité et de justice n’a jamais été entendu.

 » Depuis plus de trois décennies, la RDC a enduré une tragédie humaine de proportion historique. Plus de 12 millions de morts, des centaines de milliers des femmes violées, des enfants transformés en soldats, en esclaves ou en orphelins, des déportations des Congolais vers des destinées inconnues et des rapatriements involontaires et forcés des réfugiés rwandais, des communautés entières décimées, des villages rasés, des forêts devenues des charnières, une économie pillée, une souveraineté bafouée. Elle a déploré de nouveau le fait que le monde est resté silencieux face à cette tragédie et a fait que la justice tarde encore, parce qu’il redoute de prononcer un mot; « génocide ».

Pour elle, on ne peut pas nommer autrement une entreprise systématique de destruction humaine, économique et culturelle, conduite dans l’impunité sur base d’identité ethnique, géographique ou nationale.

Il s’agit, a-t-elle nommé : c’est le génocide. Elle a fait savoir qu’on ne peut pas nier ce qui s’est passé et continuer encore aujourd’hui à se produire, qu’elle a qualifié de « génocide ». ACP/C.L

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