Trois questions au professeur Dieudonné Kanyama, docteur en Droit, sur la résolution des conflits écologiques en RDC

Kinshasa, 11 août 2026 (ACP).- La naissance d’un code de l’écologie pour concrétiser et classer toute une série de textes actuellement éparpillés, la révision constitutionnelle pour notamment créer des juridictions écologiques ainsi que la création de parquets spécialisés, ont été préconisées dans un ouvrage, pour résoudre les conflits écologiques en République démocratique du Congo (RDC). Pour développer cette analyse, l’ACP a approché  mardi  le professeur Dieudonné Kanyama, docteur en Droit et auteur, pour éclairer l’opinion sur le contenu de son œuvre.
ACP 1: D’où avez-vous tiré l’inspiration de mener des recherches dans un domaine lié à la résolution des conflits écologiques en RDC ? 

Pr Dieudonné Kanyama : Les idées développées dans cet ouvrage ont été largement inspirées par Michel Lagarde, avocat spécialiste du droit forestier et maître de conférences à l’université de Pau en France. C’est ainsi qu’après une analyse de la situation, des acteurs et des actions, du système juridique et de ses carences, de l’apparence pseudo-rassurante des textes, j’ai dressé dans une partie finale une réforme qui serait un changement de cap unique au monde.


ACP 2: Quelles sont les propositions concrètes de la réforme à laquelle vous faites allusion ?

Pr Dieudonné Kanyama : D’abord, la naissance d’un code de l’écologie qui permettra de concrétiser et de classer toute une série de textes actuellement éparpillés. Une révision constitutionnelle qui permettra d’introduire les bases nécessaires, notamment la création de juridictions écologiques qui pourront par la suite s’inspirer de ce qui existe rarement en droit comparé. Et la création de parquets spécialisés suivra, de même que les modalités d’exécution des jugements écologiques. Enfin, je propose la formation à l’éducation environnementale qui vise les programmes d’enseignement universitaire, scolaires, avec possibilité d’accorder le bénéfice de l’urgence à cette même formation au profit des avocats au niveau de leurs Barreaux respectifs. Pour ce faire, il faut une volonté politique pour en assurer l’application.

ACP 3 : Vous avez fait une analyse axée sur les conflits écologiques qui appelle à l’innovation normative en matière de développement durable et une analyse procédurale des conflits observés. Quelle en est la recommandation phare?

Pr Dieudonné Kanyama  : La recommandation phare de mon ouvrage se résume en la création de juridictions spécialisées. A défaut de juridictions proprement dites, je propose la création de chambres spécialisées attachées aux juridictions de droit commun existantes. Savez-vous qu’il y a un lien indubitable entre les conflits écologiques et les activités humaines non conformes aux exigences de protection de la nature ? C’est ainsi qu’ils opposent deux types d’acteurs : ceux qui veulent utiliser la nature à des fins capitalistiques, et ceux qui veulent qu’elle soit utilisée à des fins de conservation.

Pourtant, les conséquences néfastes actuelles des changements climatiques peuvent être exacerbées par des conflits écologiques non résolus. J’affirme que ces conflits doivent être solutionnés par des approches juridiques et institutionnelles idoines. Je suggère donc l’idée de réformes courageuses couplées à une volonté politique pour élaguer les faiblesses du cadre légal et institutionnel. Il s’agit d’aboutir à la centralisation des lois écologiques et des forêts, mais aussi au renforcement de la dissuasion pénale par la création de juridictions et de parquets spécialisés, réglementés dans deux codes, celui de l’écologie et des forêts. 

ACP / K

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