Kisangani, 25 septembre 2025 (ACP).- Sept (7) personnes soupçonnées de pratiques occultes ayant conduit à l’atrophie des organes génitaux des hommes et femmes du territoire de Basoko, ont été transférées mercredi au parquet de Kisangani, province de la Tshopo, dans le nord-est de la République démocratique du Congo(RDC), a appris l’ACP jeudi de source judiciaire.
« Ces personnes ont été interceptées à Basoko alors que la population les soupçonnait d’utiliser une bague magique pour provoquer, par une simple poignée de main, l’atrophie des organes génitaux. Leur transfert à Kisangani s’est effectué sous forte escorte policière, afin de garantir leur sécurité et permettre à la justice de suivre son cours », a déclaré un agent du parquet de grande instance de Kisangani qui a requis anonymat.
Selon cette même source, ces individus ont été extraits de justesse des mains d’une population en furie, qui avait résolu depuis quelques semaines de se faire justice face à la recrudescence des cas supposés de mutilations génitales par contact mystique avec ces suspects, ajoutant que des cas présumés de victimes ayant subi une perte soudaine et inexpliquée de leurs organes génitaux ont été signalés dans plusieurs localités du territoire de Basoko, au cours des dernières semaines.
Face à cette situation, a-t-il dit, un climat de psychose généralisée s’est installé, donnant lieu à une série d’attaques ciblées contre des personnes perçues comme suspectes.
Le bilan humain de cette vague de justice populaire est alarmant du fait que plus de dix (+10) personnes, dont un militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), ont été lynchées à mort par des foules en colère, a-t-il renseigné, poursuivant que dans la majorité des cas, les victimes ont été accusées sans preuve tangible, souvent sur la base de simples rumeurs ou d’éléments vestimentaires jugés suspects, tels que le port d’anneaux ou de gris-gris (amulettes).
De leur côté, des acteurs de la société civile ont appelé à une intervention urgente des autorités provinciales et nationales pour restaurer l’ordre, renforcer la sensibilisation sur les dangers de la rumeur et du lynchage, et garantir l’accès à une justice équitable pour les personnes mises en cause.
ACP/C.L.

