Kinshasa, 2 avril 2026 (ACP). — Des protocoles d’accord ont été signés entre la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD) et les services d’assiette, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, selon un communiqué parvenu jeudi à l’ACP.
« Cette cérémonie de signature des protocoles d’accord est un signal fort de la détermination de chacun d’eux et de la DGRAD à renforcer la collaboration, dans le cadre du dialogue fiscal entre l’administration et les opérateurs économiques, d’une part, et entre la DGRAD et les services d’assiette, d’autre part, tel que prôné par le ministre des Finances », a-t-on lu.
Mme Gracia Yamba, vice-ministre des Finances, citée dans le communiqué, a déclaré que les assignations budgétaires fixées à 5.474 milliards de francs congolais dans la loi de finances de l’exercice 2026 doivent être atteintes. Les protocoles d’accord signés traduisent la volonté commune et l’engagement à relever ce défi.
« Pour ce faire, vous êtes appelés à améliorer la qualité de vos services et à lutter contre la corruption, la fraude et l’évasion fiscale », a-t-elle indiqué.
« Le Cadre permanent de concertation mis en place par le Gouvernement devra concrètement renforcer la synergie entre les services d’assiette et la DGRAD afin d’élaborer des stratégies de mobilisation des recettes non fiscales, d’en assurer le suivi et l’évaluation », a ajouté Mme Yamba.
Elle a émis le souhait de voir la DGRAD et les services d’assiette œuvrer pour qu’à la fin de cet exercice budgétaire, ils offrent au gouvernement de la République les moyens financiers nécessaires et des raisons de compter de nouveau sur eux pour envisager l’avenir avec plus de confiance.
Pour sa part, M. Étienne Utshudi, directeur général de la DGRAD, a expliqué qu’au cours de l’exercice 2025, la DGRAD, avec le concours des services d’assiette, a réalisé des recettes de l’ordre de 4.468 milliards de francs congolais contre des assignations de 5.249 milliards, soit un taux d’exécution de 86 %.
« Toutefois, plusieurs facteurs exogènes ont réduit la capacité de mobilisation des recettes non fiscales de la DGRAD et des services d’assiette. Entre autres, en ce qui concerne les pétroliers producteurs, nous avons enregistré une baisse du cours du baril sur le marché international et de la production de pétrole brut, résultant notamment de l’épuisement des gisements, en même temps qu’une hausse des charges opérationnelles, corollaire à la diminution de la production pétrolière », a-t-il indiqué.
Dans le secteur minier, Me Utshudi explique que la mesure de l’ARECOMS de suspendre l’exportation de cobalt, intervenue en mars 2025, ainsi que les difficultés liées à la mise en œuvre du système de quotas et de prépaiement après la levée de cette mesure, ont occasionné un manque à gagner considérable pour le Trésor public.
À ces facteurs s’est ajouté, au dernier trimestre de l’année 2025, l’impact négatif de l’appréciation brutale du franc congolais par rapport au dollar américain sur les recettes mobilisées par la DGRAD, du fait que les taux des droits, taxes et redevances sont fixés en dollars américains, mais payables en francs congolais au taux du jour.
Enfin, le phénomène de création de fonds spéciaux sous forme d’établissements publics au sein des ministères sectoriels, ayant comme ressources les recettes non fiscales, vide la DGRAD de toute sa substance et contribue, à petit feu, à sa disparition. Malheureusement, l’exercice 2025 n’a pas échappé à cette tendance, en dépit de la création et de la mise en place de la Commission permanente interministérielle chargée de la rationalisation de la parafiscalité (Copirap).
Selon lui, le niveau des recettes assignées à la DGRAD et, par ricochet, aux services d’assiette, a motivé l’organisation de cette cérémonie. << En effet, la mobilisation des recettes dans le contexte actuel, caractérisé par la guerre d’agression injustement imposée à l’Est du pays, constitue un réel défi à relever>>, a-t-il conclu.
ACP /kakolongo (SP)
ACP/C.L.

