Kinshasa, 16 septembre 2026 (ACP).- Le programme de développement d’Inga 3 et l’appui à la formation des compétences nécessaires à la valorisation des minerais critiques ont été au centre des échanges à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, à l’occasion de la visite de travail du directeur général d’Expertise France, a appris mercredi l’ACP de source officielle.
« Dès les années 1960-1970, le schéma de développement du site d’Inga porte l’empreinte des entreprises françaises. De la construction des turbines d’Inga 2 par la société Neyrpic de Grenoble, devenue plus tard Alstom, aux études de faisabilité du site et des réseaux associés menées entre 2000 et 2013 par le consortium BDL, la France a toujours été un partenaire clé aux côtés de la Société nationale d’électricité », a déclaré Bob Mabiala, directeur général de l’Agence pour le développement et la promotion du projet Inga (Adepi).
Selon le responsable, la restructuration du marché mondial de l’énergie et l’émergence des minerais dits « critiques » redéfinissent la valeur stratégique du site d’Inga.
« La définition d’un minerai est liée à la substance elle-même, mais aussi à la valeur financière qu’on lui attribue. Au fil des années, la valeur financière de certaines substances qui étaient considérées comme classiques a changé. Il y a 30 ans, à Kolwezi, le cobalt servait de pierre de jeu pour les enfants ; aujourd’hui, c’est une ressource stratégique mondiale », a-t-il ajouté.
Pour lui, le potentiel du site d’Inga doit désormais répondre à un double objectif : fournir de l’électricité aux populations et contribuer à la transformation économique du pays.
Il a précisé que la vision du programme de développement d’Inga 3 repose sur deux axes, à savoir préparer le projet pour la RDC, en consolidant les aspects techniques et l’offre énergétique, et préparer le pays pour le projet, notamment en développant une demande énergétique susceptible d’accompagner son développement économique.
Le renforcement du capital humain par le Programme d’appui à l’enseignement supérieur
Abordant la question de la durabilité de ces investissements, le directeur général de l’ADEPI a insisté sur l’importance du capital humain, saluant notamment l’apport du Programme d’appui à l’enseignement supérieur (PAES), soutenu par la coopération française.
« Pouvoir répondre, d’un côté, à l’offre énergétique et, de l’autre, à la demande énergétique n’est pas possible si nous n’avons pas un socle solide de compétences. Le Programme d’appui à l’enseignement supérieur vient insuffler un élément important dans le développement des compétences. Il nous faut développer des compétences aussi bien sur l’offre que sur la demande énergétique », a-t-il expliqué.
Selon lui, ce programme permettra de former des experts, des chercheurs et des doctorants capables de modéliser, de structurer et de prédire la valeur future des substances minérales, afin d’aider l’État dans la prise de décisions stratégiques.
Ces échanges s’inscrivent dans le cadre de la visite de travail du directeur général d’Expertise France à Kinshasa, du 14 au 16 septembre 2026, consacrée notamment au Programme d’appui à l’enseignement supérieur (PAES), financé par l’Agence française de développement (AFD).
ACP/Ng./Kom.

