Lubumbashi, 31 mars 2026 (ACP).- Le secteur agroalimentaire a été considéré mardi par un entrepreneur comme un levier stratégique pour la diversification économique et la création d’emplois des jeunes et femmes, à Lubumbashi (chef-lieu de la province du haut-Katanga), au sud-est de la République démocratique du Congo (RDC) lors d’un entretien.
« Le secteur agroalimentaire représente un pilier essentiel pour la diversification économique et la création d’emplois des jeunes et femmes en RDC en général et dans la province du haut-Katanga en précisément dans la ville de Lubumbashi en particulier », a dit Kabongo Tshilombo, jeune entrepreneur congolais évoluant dans le domaine agroalimentaire.
Selon M. Tshilombo, la RDC dispose de plus de 80 millions d’hectares de terres arables, dont moins de 10 % seraient exploités, ce qui témoigne d’un potentiel considérable pour le développement du secteur agroalimentaire.
« Le potentiel de la RDC dans l’agroalimentaire est énorme. Nous avons les ressources nécessaires pour nourrir notre population et même exporter. Cependant, le secteur reste confronté à des défis majeurs, notamment le déficit en infrastructures de transformation, l’accès limité au financement et le manque de formation technique spécialisée », a-t-il affirmé.
Il a par ailleurs indiqué que la RDC continue d’importer une part importante de produits alimentaires, estimée à plusieurs centaines de millions de dollars par an, ce qui constitue une opportunité pour les entrepreneurs locaux.
IT/ La transformation locale des produits pour renforcer la chaine de la valeur
Évoquant son expérience, M. Tshilombo a expliqué que son initiative repose sur la transformation locale des produits agricoles afin de renforcer la chaîne de valeur.
« Nous avons fait le choix de transformer les produits locaux pour leur donner une valeur ajoutée. Aujourd’hui, nous contribuons à réduire les pertes post-récoltes qui peuvent atteindre jusqu’à 30 à 40 % dans certaines filières. En transformant sur place, nous créons des emplois directs et indirects tout en améliorant la qualité des produits disponibles sur le marché », a-t-il expliqué.
Il a également insisté sur l’importance de l’innovation, notamment à travers l’utilisation de techniques modernes de conservation et d’emballage adaptées aux réalités locales.
S’adressant aux jeunes et aux femmes, ce dernier a lancé un appel à l’engagement dans ce secteur stratégique. « L’agroalimentaire offre de nombreuses opportunités, même avec des moyens limités au départ. J’encourage les jeunes et les femmes à se former, à s’organiser en coopératives et à oser entreprendre. C’est un secteur qui peut générer des revenus durables et contribuer significativement à l’économie nationale », a-t-il conseillé.
Il a, en outre, plaidé pour un accompagnement renforcé des autorités publiques et des partenaires techniques et financiers afin de faciliter l’accès au crédit, aux équipements et aux marchés.
« Si nous investissons davantage dans la transformation locale, nous pouvons non seulement réduire notre dépendance alimentaire, mais aussi créer des milliers d’emplois pour la jeunesse congolaise », a-t-il conclu.
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