Une table des fruits
Kinshasa, 3 novembre 2025 (ACP).- La variation des prix des fruits par les vendeuses exerçant dans les zones considérées rentables à Kinshasa, (capitale de la République démocratique du Congo), à l’instar du centre-ville et ses environs a été fustigée par les consommateurs, selon une mini-enquête menée du 27 octobre au 02 novembre par l’ACP.
«Les prix des biens notamment des fruits varient selon la localisation géographique en raison du coût de transport, de la vie et de l’opportunité sur le marché. Pour certaines commerçantes, la vente au centre-ville représente une opportunité de gagner plus », a déclaré Enodi Mande, économiste rural et consommateur.
« Les autorités devraient prendre des mesures pouvant faciliter le transport et l’approvisionnement des produits agricoles dans les différentes régions de la ville pour trouver le prix d’équilibre sur le marché », a-t-il proposé.
« C’est exagéré, parfois le prix d’un seul ananas dépasse celui de trois au marché de Lemba. On a l’impression que chaque vendeuse fixe les prix à sa manière », a déploré Aimé Mboma, un consommateur rencontré sur le boulevard du 30 Juin, dans la commune de la Gombe.
Du côté de Kintambo-Magasin, une autre consommatrice a partagé le même constat : « Même pour les fruits de saison, les prix montent sans raison. Nous, les ménagères, sommes obligées de réduire la quantité à acheter. C’est décourageant », a confié Corinne Mbuyi
Alors que dans les quartiers populaires comme Matonge, une mangue ou une orange se vend entre 500 et 1 000 francs congolais, à la Gombe, ces mêmes fruits peuvent atteindre jusqu’à 3.000 FC, la pièce. Une différence que les vendeuses de ce coin justifient par le niveau de vie de la clientèle, les coûts supplémentaires liés au transport et le risque de saisie de la marchandise par les agents de l’ordre.
« À la cité, les clients discutent toujours les prix. À la Gombe, les gens paient sans trop parler, alors j’adapte mes prix », a expliqué Chantal Ntangu, vendeuse ambulante des fruits rencontrée sur l’avenue Kasa-Vubu.
« À la Gombe, on peut bien vendre, mais la police municipale nous poursuit tout le temps. Si tu ne fuis pas vite, ils prennent tes fruits », a déclaré Nadine Massamba, vendeuse ambulante croisée près du rond-point Socimat.
Au marché Matadi-Kibala, d’autres vendeuses affirment que les prix élevés pratiqués dans le centre-ville s’expliquent aussi par les frais de transport et de conservation.
« Amener mes pastèques et mes mangues jusqu’à Lingwala, me coûtent cher. Ceux qui travaillent et vivent au centre-ville ont les moyens, donc je fixe les prix selon l’endroit et la catégorie des clients », a dit Madeleine Mutombo, vendeuse de fruits au marché Matadi-Kibala.
Cette disparité des prix illustre les inégalités économiques existantes entre le centre et la périphérie de Kinshasa. Elle met également en lumière le rôle essentiel que jouent ces vendeurs ambulants dans l’approvisionnement alimentaire de la population urbaine, En dépit de l’absence d’un cadre légal clair pour réguler leurs activités, note-t-on.
ACP/C.L.

