Kinshasa, 26 novembre 2025 (ACP).-La phase de collecte des données sur le site de l’accident du crash du 17 novembre 2025 à Kolwezi, (sud-est de la République démocratique du Congo) et auprès des administrations concernées a été entamée par les enquêteurs du Bureau permanent d’enquêtes d’accidents et incidents d’aviation (Bpea), selon un document consulté mercredi par l’ACP.
« Jusque-là les enquêtes sont au niveau de collecte des données sur le site, auprès des administrations concernées et des témoignages de passagers qui avaient effectué le vol, cela conformément aux procédures internationales », a-t-on lu dans le document du Bureau permanent de Bpea.
Le bureau a précisé que malgré cette mobilisation, l’enquête reste limitée. Les enregistreurs de vol, notamment le Cockpit Voice Recorder (CVR) et le Flight Data Recorder (FDR), essentiels pour comprendre les causes de l’accident, n’ont pas encore été transférés dans un laboratoire spécialisé.
Par ailleurs, la source a rappelé que conformément à l’Annexe 13, paragraphe 5.18 de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), le Bpea doit associer les représentants des États concernés c’est-à-dire l’État d’immatriculation, l’État d’exploitant, l’État de conception et l’État de construction.
Mais, faute de moyens financiers et logistiques, cette coopération internationale peine à se concrétiser. Le Bpea, pourtant garant de la sécurité aérienne nationale, se retrouve dans l’impossibilité de remplir pleinement ses obligations.
Le Bpea a, en outre, indiqué que, depuis 13 ans, il ne bénéficie d’aucune subvention de l’État congolais. Les résolutions du Programme universel d’audit de supervision de la sécurité (USOAP)- Mission de validation coordonnée de l’OACI (ICVM)- Méthode de surveillance continue (CMA) de 2023 avaient pourtant insisté sur la nécessité d’une indépendance financière pour assurer l’efficacité et la crédibilité des enquêtes. Le Décret n°23/03 du 20 février 2023, modifiant celui de 2012, réaffirme cette exigence, mais dans les faits, la structure reste bloquée.
« À ce stade, la structure est vraiment bloquée, elle ne bénéficie ni des frais de fonctionnement ni des redevances mais elle est une structure de grande importance dans le domaine de la sécurité aérienne nationale », a conclu le bureau. ACP/UKB

