Kinshasa, 18 août 2026(ACP).- Le projet du viaduc de la baie de Ngaliema à l’Ouest de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo(RDC), un pont routier de 3,5 kilomètres le long du fleuve, a été considéré mardi, par un opérateur économique, comme un investissement stratégique pour transformer et désengorger la ville de Kinshasa, lors d’un entretien.
« Le projet du viaduc de la baie de Ngaliema peut être considéré comme l’une des infrastructures d’investissement stratégique pour transformer et désengorger un axe tout en redistribuant les flux vers plusieurs autres axes », a déclaré Jean Bamanisa, opérateur économique.
Selon lui, l’importance du viaduc dépasse donc largement ses 3,5 kilomètres 2×2 voies. « Sa véritable valeur réside dans sa capacité à reconfigurer les flux de circulation dans l’ouest et le centre de Kinshasa », a-t-il dit.
Pour M. Bamanisa, son tracé doit permettre de créer une liaison plus directe entre des espaces urbains aujourd’hui fortement dépendants de quelques axes routiers, Il peut ainsi renforcer l’interconnexion entre Ngaliema, Kintambo, Bandalungwa et la Gombe, tout en offrant une alternative aux itinéraires qui concentrent aujourd’hui une grande partie du trafic vers le centre-ville.
Avec une vitesse de référence annoncée entre 60 et 80 km/h, des échangeurs et des rampes d’accès contrôlées, le projet est pensé davantage comme un corridor de mobilité que comme une simple route supplémentaire, a laissé entendre l’interviewé de l’ACP.
Pour lui, l’analyse économique du projet ne doit donc pas se limiter au coût de construction. Il faut mesurer les économies qu’il pourrait générer.
« Une circulation plus fluide signifie moins de carburant gaspillé dans les bouchons, moins d’heures de travail perdues, une meilleure régularité de transports et une réduction du temps nécessaire pour acheminer les marchandises et les personnes », a précisé M. Bamanisa tout en imaginant qu’une infrastructure de cette nature permettrait jusqu à 100. 000 déplacements quotidiens et de gagner en moyenne 30 minutes. Cela représenterait 50 000 heures économisées chaque jour. Sur 300 jours d’activité, on atteindrait 15 millions d’heures récupérées par an, a-t-il estimé.
Selon lui, le gouvernement devrait se précipiter d’accompagner le projet d’une véritable étude coûts-bénéfices, permettant de mesurer les économies de temps, carburant, les gains de productivité, l’impact sur le transport des marchandises et les recettes fiscales indirectes.
Présenté par le ministre des Infrastructures et Travaux publics John Banza au Conseil des ministres, le projet du viaduc de la baie de Ngaliema va relier l’avenue du Tourisme, à hauteur de l’Hôpital de la Rive, au boulevard Tshatshi, près du Pullman, en passant notamment par le site de Chanic (Chantier naval et industriel du Congo). L’objectif est de créer un itinéraire alternatif entre les rocades nord-ouest et nord-est et soulager les points noirs de Kintambo-Magasin, de l’axe Kintambo–boulevard Mondjiba–Socimat et de la route de Matadi. ACP/ K

