Numérique : le fact-checking, un dispositif de lutte contre la désinformation en RDC

Kinshasa, 7 mai 2026(ACP).-Le Fact-checking, vérification de la véracité  des faits,  a été présenté jeudi comme un dispositif de lutte contre la désinformation en République démocratique du Congo(RDC) par un doctorant de l’Université des sciences de l’information et de la communication(Unisic) à Kinshasa lors d’un entretien  avec l’ACP sur son mémoire.

« Et nous sommes partis d’un contexte extrêmement numérisé, extrêmement connecté. Le monde est vraiment connecté. Et on se rend bien compte qu’il est difficile aujourd’hui de déceler le vrai du faux.
Et donc, devant la désinformation et les fake news, le fact-checking s’est présenté dans un premier temps comme une solution »,
a déclaré Jean Bedel Onkan, Doctorant à l’Unisic et Directeur du service fact-checking de l’ACP.

 Relatant son mémoire de Diplôme d’études approfondies(DEA), intitulé « Fact-checking, analyse du dispositif de lutte contre la désinformation en République démocratique du Congo », il a fait savoir que « Nous nous sommes rendus compte que le fact-checking ne peut pas lutter seul contre la
désinformation. Nous avons la législation congolaise et nous avons le Conseil Supérieur de l’Audio-visuel et de Communication(CSAC) qui pouvaient venir en aide au fact-checking. Et après analyse, on se rend compte que les deux dispositifs sont aussi défaillants. Et il y a un troisième qui s’ajoute, c’est l’éducation aux médias. On se
rend compte que c’est encore limité parce que c’est d’abord fait par les étrangers, donc c’est
élitiste, c’est en français.
Mais la désinformation aujourd’hui passe par l’oralité.
Vous avez des capsules et de ’’voice’’ comme on appelle. Ça passe et les gens y croient très facilement parce que ça vient de nos proches.
Et après analyse, on s’est rendu compte que les trois dispositifs étaient défaillants »
.


Il a poursuivi : « Nous avons créé pour nous, à la base de l’expérience de l’Agence Congolaise de Presse(ACP), avec des services fact-checking, un quatrième dispositif qui s’appelle(…)
Sentinelle  de l’information.
Et donc ce sont des fact-checkers de proximité qui peuvent aider les fact-checkers professionnels à analyser une désinformation, mener une démarche claire et rationnelle, arriver au même résultat. L’objectif, c’est de donner à chaque Congolais la possibilité de vérifier l’information par lui-même et arriver à la vérité ou à la fausseté ».
Selon lui, si on ne le fait pas, la désinformation vient tuer « notre savoir-être ensemble, notre démocratie, notre vie politique, sociale, morale,  et intellectuelle surtout, parce qu’un mensonge est distillé en « fake news », en « deep fake » comme on dit aujourd’hui.


En RDC, a précisé le chercheur en sciences de l’information et de la communication, on parle  « mutakalisation ». Et ça c’est excessivement grave, s’est-il exclamé.

Développement de l’Intelligence Artificielle(IA) évoqué

« Aujourd’hui, avec (…)le développement de l’IA, c’est très facile de fabriquer des photos sur tout le monde. Et personne n’est épargné. Donc c’est un sujet excessivement important pour la RDC, pour la science, la recherche, où j’ai su(…) à  l’Unisic, mais aussi pour l’ACP », a soutenu le doctorant.


En outre, il a dû  être en préparation d’une thèse de doctorat pour   parler de la lutte contre la désinformation, mais en intégrant l’aspect intelligence artificielle.


« Une désinformation créée par l’IA ne peut être décelée que par l’IA, aujourd’hui. Le deep fake  ne peut pas être décelé à l’œil nu, ce n’est pas possible. D’où l’ACP, dans son service, de fact-checking devrait travailler pour faire asseoir l’IA. Et quelqu’un qui n’a pas été dans cette initiation croira que tout est normal, tout est bien, tout est bon. On a l’impression que l’IA n’a pas de limites aujourd’hui dans le chef des  journalistes. Mais nous sommes déjà en train d’envisager des conclusions pour dire
l’IA, oui, mais le fact-checking devrait devenir hybride. Il y a la machine, il y a aussi l’homme.
Et l’homme, donc le journaliste de l’ACP, reste le maître au centre de cette recherche .Tant qu’il n’a pas encore validé, rien n’est vrai»
, a-t-il expliqué.


Il a précisé que « tout peut paraître vrai, mais tant que le journaliste n’a pas encore validé, parce qu’il est rationnel, c’est inhumain, c’est lui qui sent les émotions, il peut vérifier, descendre sur le terrain, et un coup de téléphone ne se fera pas par l’IA .
La sensation physique ne se fera jamais par l’IA.
Et il y a des coins de la République qui ne sont pas pris en charge par l’IA ».

L’IA n’est qu’une aide, elle est auxiliatrice à l’intelligence du journaliste de l’ACP, a-t-il conclu. ACP/JF

Fil d'actualités

Sur le même sujet