Kinshasa, 08 janvier 2026(ACP).- Dans un pays où la jeunesse représente la majorité de la population (environ 70%), la République démocratique du Congo (RDC) a le devoir citoyen de créer plus d’opportunités incitatives, susceptibles de stimuler l’entrepreneuriat des jeunes, une catégorie de la population considérée à juste titre comme le moteur du développement national.
Convaincu de cette réalité, le président Félix Tshisekedi, dans son discours sur l’état de la nation en décembre dernier, a réaffirmé sa conviction que l’avenir du pays se joue largement à travers sa jeunesse.
En affirmant la volonté de l’État de créer des opportunités à la hauteur du talent, de l’audace et des aspirations des jeunes Congolais, le Chef de l’État a reconnu sans nul doute à la fois leur potentiel et les défis structurels auxquels ils font face. Le chômage, la précarité et le manque d’opportunités demeurent des réalités persistantes. Toutefois, la vision présentée par le Chef de l’État ouvre la voie à un changement de paradigme : passer d’une économie de rente à une économie productive, créatrice d’emplois durables où les jeunes devront en être au centre.
La transformation locale des ressources naturelles, l’industrialisation et la promotion du travail productif apparaissent, dans cette perspective, comme des leviers majeurs de développement. Si ces axes sont effectivement mis en œuvre, ils pourraient non seulement renforcer la souveraineté économique du pays, mais aussi offrir à la jeunesse des perspectives concrètes d’insertion socioéconomique.
L’encouragement à l’entrepreneuriat et à l’innovation traduit également la reconnaissance du rôle des jeunes comme acteurs de solutions, et non comme simples bénéficiaires des politiques publiques. Une telle démarche obéit inéluctablement à une certaine discipline dans le respect des stratégies à mettre en œuvre.
C’est à ce titre que le gouvernement congolais insiste sur l’amélioration de la gouvernance publique, notamment à travers la transparence, la recevabilité et la lutte contre la corruption et l’impunité. Des réformes sont essentielles pour instaurer un climat de confiance et garantir l’égalité des chances dans les affaires. Pour la jeunesse, une gouvernance assainie signifie un accès plus juste aux opportunités, aux emplois et aux ressources nécessaires pour construire un avenir stable, notamment des ressources financières en termes de crédits. Voilà pourquoi le gouvernement congolais et ses partenaires de développement, à travers des structures d’encadrement et de promotion des jeunes entrepreneurs, telles que le Fogec et l’Anadec, devrait injecter plus d’argent pour les appuyer.
Il a été démontré tout au long de l’année 2025, à travers des ateliers, expositions d’affaires et journées portes ouvertes que les jeunes startups congolais sont pétris d’imagination et d’initiatives, capables de rivaliser leurs collègues d’autres pays.
En définitive, la vision présidentielle de bâtir, avec et pour la jeunesse congolaise, un avenir fondé sur le travail bien fait, la justice sociale et la cohésion nationale a tout son sens. La réussite de cette vision dépendra toutefois de la traduction concrète des engagements pris en actions mesurables et inclusives. Pour la jeunesse congolaise, l’enjeu va consister désormais à saisir ces opportunités, tout en demeurant vigilante et engagée, afin de devenir véritablement le moteur de la transformation nationale tant espérée.
Réforme de l’emploi et valorisation de l’entrepreneuriat des jeunes en perspective
Par ailleurs, le gouvernement central a réaffirmé sa volonté de renforcer l’emploi et de promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes, à travers les perspectives présentées par le ministre de l’Entrepreneuriat et des Petites et Moyennes Entreprises (PME), ainsi que celui de la Jeunesse.
Au ministère de l’Entrepreneuriat et des PME, les actions projetées portent notamment sur la mise en œuvre d’une réforme structurelle de l’emploi, la réorganisation de l’Office national de l’emploi (Onem) avec la création de pôles spécialisés, ainsi que la digitalisation du suivi des emplois et des entreprises. Le gouvernement envisage également de promouvoir le mérite dans les mécanismes de recrutement, de valoriser le statut des entrepreneurs et de reconnaître les grands employeurs comme des acteurs économiques stratégiques du développement national.
De son côté, le ministre de la Jeunesse a inscrit parmi ses priorités la pérennisation du Village des opportunités en tant que cadre de formation, d’orientation et d’accompagnement des jeunes. Il est également prévu de renforcer le pacte moral entre l’État et la jeunesse, d’élargir les mécanismes de financement et de préfinancement en faveur des jeunes entrepreneurs, ainsi que de consolider les partenariats avec le secteur privé et les partenaires techniques.
L’intégration de l’entrepreneuriat dès l’enseignement fondamental et le déploiement d’incubateurs régionaux adaptés aux filières porteuses figurent aussi parmi les axes majeurs annoncés.
Ces perspectives traduisent la volonté des autorités de placer la jeunesse au cœur du développement national, en faisant de l’emploi et de l’entrepreneuriat des leviers essentiels de la croissance économique et de la cohésion sociale en RDC.
Toutes ces initiatives salutaires ne pourront porter que si elles sont réellement mises en chantier en 2026. ACP/

