Kinshasa, 24 juillet 2025 (ACP).- La jeunesse et l’innovation technologique ont été présentées comme des principaux leviers pour rebâtir une économie souveraine en République démocratique du Congo (RDC), a déclaré le fondateur et président de l’Africa economic forum (AEF), lors d’un entretien avec l’ACP jeudi.
«La jeunesse et l’innovation technologique sont deux principaux leviers pour bâtir une économie congolaise réellement souveraine. Pour que ce potentiel soit activé, il faut commencer par désaliéner les esprits et décoloniser les mentalités», a déclaré le Dr Billy Issa, président de l’Africa economic forum (AEF).
Il a recommandé de moderniser l’éducation technique et professionnelle, avec des modules en entrepreneuriat industriel, transformation agroalimentaire, numérique, fabrication et énergie, soulignant que les écoles congolaises doivent être «réformées pour former des producteurs et non seulement des fonctionnaires ou des commerçants».
Selon lui, il est essentiel de décomplexer la jeunesse congolaise en lui faisant comprendre que l’avenir ne viendra que de sa propre créativité, de sa terre et de ses mains, et que l’État doit avoir une vision ambitieuse susceptible de placer la jeunesse et la technologie au cœur d’un modèle économique national.
«Les structures étatiques telles que le Fonds de promotion de l’industrie (FPI), le Fonds de garantie des entreprises congolaises (Fogeg) et l’Agence nationale de développement des entreprises congolaises (Anadec) doivent être réformées et fonctionnelles pour soutenir les projets souverains, avec des critères orientés vers la création de valeur locale et la substitution aux importations», a-t-il souligné.
Il a également indiqué que des incitations fortes sont nécessaires, telles que des exonérations fiscales ciblées, des financements d’amorçage, des subventions à l’exportation locale et un accès facilité aux marchés publics pour les jeunes producteurs.
Le Dr Billy a rappelé l’importance de financer et de protéger les marques congolaises prometteuses et de réorienter le marché intérieur vers la consommation nationale consciente en valorisant les produits locaux.
Le Président de l’Africa economic forum (AEF) estime que si l’État soutient une jeunesse formée, décolonisée, financée et protégée, elle bâtira des alternatives locales innovantes, compétitives et exportables, créant ainsi une nouvelle classe de bâtisseurs souverains. ACP/

