Kinshasa, 05 janvier 2026 (ACP).– Le secteur de la nutrition a été présenté lundi par une entrepreneure lors d’un échange avec l’ACP, comme un marché stratégique à fort potentiel pour l’entrepreneuriat des jeunes à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), dans un contexte marqué par la persistance de la malnutrition infantile.
« Le marché de la nutrition en RDC constitue aujourd’hui un segment économique stratégique à fort potentiel, dans un contexte caractérisé par une prévalence persistante de la malnutrition infantile, une forte dépendance aux importations alimentaires et une agriculture locale encore faiblement intégrée aux chaînes de valeur industrielles », a déclaré Pierrette Kanya, entrepreneure et productrice de la marque de bouillie Orchidée.
Selon elle, une part importante des produits nutritionnels consommés à Kinshasa est importée et bénéficie d’une forte visibilité commerciale, tandis que l’offre locale structurée demeure encore limitée, malgré l’abondance de matières premières agricoles disponibles dans le pays.
« La RDC importe encore massivement des produits alimentaires transformés, alors que nous disposons de ressources agricoles capables d’alimenter une véritable industrie nutritionnelle locale », a-t-elle ajouté, soulignant le déséquilibre entre le potentiel agricole national et le niveau de transformation industrielle.
Mme Kanya a indiqué que, dans un pays où la malnutrition infantile demeure un enjeu majeur de santé publique, notamment en milieu urbain et périurbain, le développement d’entreprises locales spécialisées dans la nutrition représente un double opportunité, à la fois économique et sociale.
« Ces initiatives pourraient contribuer à la réduction des importations, à la création d’emplois pour les jeunes et à la structuration de filières agricoles locales », a-t-elle poursuivi.
L’entrepreneure a par ailleurs relevé que la demande pour des produits nutritionnels naturels et adaptés aux réalités locales est en croissance, portée notamment par l’urbanisation rapide, l’augmentation du coût de la vie et une sensibilisation progressive des ménages aux enjeux de santé et d’alimentation.
Pour accompagner la montée en puissance du secteur, elle a évoqué plusieurs défis majeurs, notamment l’accès au financement pour l’industrialisation, la sécurisation de l’approvisionnement auprès des agriculteurs locaux, la conformité aux normes sanitaires ainsi que la nécessité d’investir dans des stratégies de commercialisation axées sur l’impact nutritionnel.
Selon elle, le développement d’un écosystème national de la nutrition pourrait s’inscrire dans les objectifs de diversification économique de la RDC, en renforçant la transformation locale, la souveraineté alimentaire et la lutte contre la malnutrition.
ACP/C.L.

