RDC : la relance des projets de cultures de rente recommandée aux Congolais

Kinshasa, 3 mai 2026 (ACP).- La relance des projets de cultures de rente notamment cacao, café, cacao, thé, tabac a été recommandée samedi aux Congolais lors d’une formation de l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais (IGSC) du ministère de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations ( ESURSI), organisée à Kinshasa (capitale de la République démocratique du Congo ).

« En dehors du Gouvernement, le secteur privé, les Congolais doivent relancer les projets des cultures de rente de café, thé, tabac, canne à sucre, des projets de cultures industrielles textile ,coton, agroalimentaire, bio-carburants, pinoteries, biscuiteries minérales, jus d’ananas, des projets de cultures maraîchères notamment les légumes , fruits, tomates, oignons, aubergines, piments, salades », a déclaré le Professeur Mathias Buabua wa Kayembe, intervenant à la formation de l’IGSC sur le thème « Besoins sociétaux, leur prise en charge par les ressources locales et les opportunités d’investissements ».

Évoquant les opportunités d’investissements dans le secteur agricole, le Professeur Buabua a fait savoir que l’agriculture représente un secteur essentiel pour toute communauté dont les produits agricoles constituent les premiers besoins sociétaux de tout pays.

Avant d’entreprendre quoi que ce soit, selon lui, il faut avoir mangé. Avec une superficie de 2.345.410 Km², une population estimée à 120 millions d’habitants , plus de 80 millions d’hectares de terres arables, tout en étant un grand réservoir d’eau douce dans le monde, le secteur agricole est plus que le secteur minier.

Des stratégies de relance agricole

Image d’illustration

Comme stratégies, il a préconisé d’élaborer des plans de relance des cultures pérennes et de rente ; de créer des zones agricoles à travers le pays dotées des voies d’accès, des puits d’eau et des terres distribuables ; de constituer des équipes de suivi dotées de la logistique nécessaire au niveau de chaque territoire ; d’assurer la formation des paysans sur les méthodes agricoles les plus appropriées, et l’usage des semences performantes.

« Et avoir les voies d’accès aux marchés de consommation et mieux organiser le transport des productions réalisées, faire appel à l’utilisation des outils agricoles modernes pour le labourage et le sarclage, ainsi que des drones pour l’arrosage. L’État à plusieurs fonctionnaires, il faut les faire travailler en les plantant dans ces zones agricoles à créer dans toutes les provinces de la RDC », a-t-il ajouté.

Il a également évoqué les opportunités d’investissements dans les domaines des industries manufacturières, des industries textiles, plastiques, agro-industries, chimiques, de matériaux de construction, soulignant la nécessité pour chaque Congolais de faire un investissement dans ces différents domaines.

Il s’agit aussi des investissements des industries métallurgiques de fabrication des produits en fer, de fabrication de matériels non ferreux, de fabrication des produits métalliques, de fabrication des produits électroniques, de fabrication des véhicules, tracteurs, de fabrication des matériels militaires.

Assainir le climat des affaires pour attirer les investisseurs

Par ailleurs, le Professeur émérite Buabua, a proposé les stratégies d’attraction des investisseurs en RDC.

« Il faut faire un travail de fond pour assainir le climat des affaires, disposer d’un guichet unique chargé de l’accueil et des facilitations aux investisseurs, faciliter l’octroi des visas aux investisseurs en ligne dans un délai raisonnable par exemple de trois jours, mettre en place des visas aéroportuaires et constituer une équipe de suivi et de règlement de tous les soucis des investisseurs sans oublier le travail permanent de ciblage et de marketing-pays au moyen des études de faisabilité(…) », a-t-il suggéré.

Il a en outre ajouté que : « tout est possible, l’argent est trouvable, il y en a auprès du secteur public international et national et surtout du secteur privé, qu’il soit international ou national, cela nécessite néanmoins, d’une part, de nettoyer devant sa maison pour la rendre attractive, et d’autre part, de lancer des actions de recherches (ciblage) des investissements Aujourd’hui, tous les pays dans le monde, toutes les régions cherchent à nettoyer devant-leurs maisons, autrement dit améliorer leur climat des affaires pour offrir le meilleur visage possible aux investisseurs ».

Le climat des affaires peut être défini selon lui, comme l’ensemble des conditions politiques, juridiques et judiciaires, économiques, administratives et fiscales à régler pour que le pays apparaisse comme un lieu.

A ce sujet, d’après le professeur, un site web et des comptes Facebook, Tik Tok, Youtube, LinkedIn doivent être ouverts au nom du pays pour passer des informations en temps réel ainsi que l’organisation d’un dialogue en permanence avec le secteur privé en vue de promouvoir un bon climat des affaires.

Nomination à pourvoir pour promouvoir les différents secteurs

Compte tenu de l’importance des vastes secteurs à promouvoir en RDC pour le développement durable, l’intervenant à cette formation des incubateurs a proposé la nomination des Ministres délégués pour bien couvrir ces secteurs importants des besoins sociaux de la population.

« La nomination des Hommes-secteurs, Ministres délégués aux Ports, aux Chemins de fer, aux Aéroports, le lancement des appels d’offres et signature systématique des contrats des Partenariats Publics-Publics et Partenariats Publics-Privés », sont autant des stratégies proposées par le Professeur émérite de l’Université de Kinshasa (Unikin).

Construction des autoroutes

En outre, l’ancien Ministre plusieurs fois, et ancien Directeur général à l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (Anapi), le Professeur Buabua wa Kayembe, a préconisé la construction des autoroutes et des routes reliant notamment le centre du pays aux capitales provinciales : Kananga-Kisangani-Kindu-Mbúji-Mayi-Lubumbashi-Matadi-Kinshasa-Mbandaka. Il s’agit également de la construction des lignes de trains à grande vitesse (Moanda-Kinshasa-Kikwit-Tshikapa-Kananga-Mbuji-Mayi-Kabinda-Lubumbashi-Kisangani-Bunia-Beni-Goma-Bukavu-Mbandaka-Ghadolite-Lisala, etc.), de la réhabilitation des chemins de fer existants et des gares, de l’acquisition des locomotives et des wagons, de la réhabilitation des ports fluviaux en rapport avec la relance des cultures pérennes et de rente (llebo, Bolobo, Kwamouth, Mbandaka, Lisala, Zongo, Kisangani…).

« La construction des bateaux pour la relance des voies fluviales, la réhabilitation des aéroports nationaux et internationaux à travers le pays ; construction des stades multifonctionnels dans les chefs-lieux des provinces, et autres grandes villes du pays, la construction des micro-barrages (…)», a-t-il conclu.

ACP/C.L.

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