Kinshasa, 26 novembre 2025 (ACP).-Le contrôle technique fiable de tout bateau, en bois ou en acier, a été recommandé, mercredi, pour réduire les naufrages récurrents enregistrés ces derniers mois à travers les lacs, le fleuve ainsi que ses affluents en République démocratique du Congo (RDC), a appris l’ACP de source administrative.
« Je recommande aux armateurs de procéder régulièrement au contrôle technique de bateaux en bois ou en acier, à l’instar de véhicules, parce que si ce contrôle se faisait dans des conditions de l’art en évitant tout arrangement, il y aurait beaucoup d’embarcations qui ne seraient plus autorisées à naviguer étant donné que la durée de vie d’un bateau est de 5 ans ; dépassé ce délai on ne peut plus le mettre en exploitation, on éviterait ainsi de nombreuses personnes disparues », a révélé Pierre Madima Nsakala, Ingénieur civil électromécanicien en charge de construction navale.
Il a soutenu que deux facteurs seraient à la base de nombreux naufrages enregistrés ces derniers temps : d’abord le non-respect des normes de conception en matière des calculs contre les vents et les vagues pour prendre des précautions en amont, ensuite l’usure du bois et de l’acier, il suffit de cogner un corps dur, il y a des brèches et puis le bateau coule parce que la tôle a perdu de son épaisseur par manque de carénage.
Pour éradiquer le mal, a-t-il conseillé, les bateaux ainsi que les barges devaient être mis à l’état, tous les quatre ans, dans un chantier naval pour y subir, à sec, un carénage systématique permettant de contrôler l’état des aciers et des tôles pour éventuellement déclasser les bateaux qui ont dépassé cinq ans d’exploitation.
Un autre facteur soulevé par l’interlocuteur sur lequel le commissaire fluvial doit exercer le contrôle et éventuellement prendre des sanctions c’est la surcharge « les armateurs ont pris gout au gain, c’est ainsi que malgré le respect du franc bord autorisé pour le cours d’eau au départ du port, quelques kilomètres plus loin, ils n’hésitent pas à embarquer d’autres passagers et marchandises surchargeant ainsi les embarcations sans tenir compte des risques auxquels ils exposent les passagers », a martelé l’ingénieur.
Il sied de rappeler que durant ce mois en cours, on a enregistré deux naufrages probablement dus à la surcharge : le premier sur la rivière Sankuru survenu à la mi-novembre et le tout dernier accident sur le lac Tanganyika (Sud-Kivu) fin novembre 2025 où plusieurs personnes ont été portées probablement dû à la surcharge disparues. ACP/UKB

