RDC : le déficit en électricité accentue la pauvreté et freine le développement local (Une analyse)

Kinshasa, 30 septembre 2026 (ACP).- Le déficit d’approvisionnement en électricité dans plusieurs communes de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), favorise l’insécurité, freine les activités économiques et le développement local, selon l’analyse d’une Asbl internationale consultée mercredi par l’ACP.

« Le déficit d’approvisionnement en électricité dans les communes favorise l’insécurité, freine les activités économiques et le développement local, accentue la pauvreté et augmente le coût de la vie », a-t-on lu dans cette analyse rédigée par Johanna Kamala, directrice nationale de l’Asbl « African Women for Natural Resources (AWNR)».

Mme Kamala a fait savoir que l’insuffisance de la desserte électrique contraint les populations à recourir à des sources d’énergie alternatives, souvent coûteuses et difficilement accessibles aux ménages les plus vulnérables.

Selon la directrice nationale d’AWNR, seulement 7,3 % des habitants concernés utilisent l’énergie solaire, en raison notamment des coûts élevés d’acquisition des équipements. « À Kinshasa, l’installation d’un kit solaire offrant un rendement optimal coûte entre 1.000 et 3.000 dollars américain, selon le nombre de pièces à alimenter ou de machines à faire fonctionner », a-t-elle expliqué.

Elle a également indiqué que les groupes électrogènes constituent une autre solution pour 26,2 % de la population, notamment pour les besoins en électricité de faible puissance.

D’après l’Union africaine de commerce en RDC (U.A.C), les prix des groupes électrogènes varient entre 150 et plus de 750 dollars américain, des montants difficilement accessibles pour une grande partie de la population congolaise, a fait remarquer l’auteur de l’analyse.

Seuil national de pauvreté

Par ailleurs, Mme Kamala a signifié que le seuil national de pauvreté est fixé à 2.073.282 francs congolais par personne et par an, soit environ 172.774 FC par mois ou 5.680 FC par jour.

Le recours aux groupes électrogènes accroît les dépenses des ménages et expose les populations à plusieurs risques sanitaires, sécuritaires et environnementaux, notamment la pollution sonore, les incendies, les électrocutions et les intoxications au monoxyde de carbone.

Cependant 3,2 % des habitants recourent aux batteries de stockage d’énergie, tandis que 13,1 % utilisent encore des lampes-tempête et des bougies. Ces solutions exposent notamment les utilisateurs aux risques d’incendie et aux problèmes de santé liés à la fumée et aux mauvaises conditions d’éclairage.

Au total, 61 % des acteurs socio-économiques de la zone urbaine étudiée recourent à des sources alternatives d’électricité pour maintenir leurs activités, alors que 82 % de la population ne bénéficie pas d’un accès fiable à l’électricité, malgré le potentiel hydroélectrique de la RDC.

ACP/ Suk.

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