Kinshasa, 5 mars 2026 (ACP).- Le rôle du Maroc dans le développement durable et inclusif sur le continent africain, notamment en matière de sécurité alimentaire et d’agriculture durable, a été évoqué jeudi à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), lors du premier colloque international de la Faculté d’économie et de développement.
« Dans le cadre du développement durable et inclusif sur le continent africain depuis 2013, les exportations d’engrais du groupe marocain OCP, une grande entreprise spécialisée dans les phosphates et les engrais, vers l’Afrique ont été multipliées par neuf, passant de 0,3 million de tonnes à 2,8 millions de tonnes en 2024. Cela montre l’intensification croissante du commerce intra-africain », a déclaré la professeure Mounya Chahboune.
Selon elle, le groupe OCP (Office chérifien des phosphates) a également formé près de 4 millions d’agriculteurs africains, ce qui constitue une contribution importante au développement des compétences locales.
Elle a précisé que le rôle de ce groupe se manifeste notamment à travers la production d’engrais adaptés aux sols africains, le développement de partenariats agricoles et la contribution à la souveraineté alimentaire, un enjeu majeur pour nourrir une population africaine en forte croissance.
La professeure a indiqué que l’action du Maroc en Afrique s’étend également à la transition énergétique à travers l’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen), le Royaume partageant son expertise en matière d’énergie solaire et développant des partenariats énergétiques régionaux dans un contexte de vulnérabilité climatique.
« La Banque africaine de développement a approuvé une garantie de 450 millions d’euros afin d’aider le groupe OCP à mobiliser jusqu’à 530 millions d’euros pour financer son programme d’investissements verts couvrant la période 2023-2030 », a ajouté la professeure.
La relation maroco-congolaise
Par ailleurs, la professeure Chahboune a indiqué que, la relation maroco-congolaise s’illustre à travers un partenariat stratégique signé lors du Léopard Business Village ainsi que par de plusieurs événements panafricains organisés à Rabat.
« Plusieurs accords et mémorandums d’entente ont été signés entre les acteurs marocains et congolais afin de renforcer les connexions entre les écosystèmes d’affaires, d’accompagner des projets de transformation numérique et de promouvoir la valorisation des talents », a-t-elle dit.
La professeure a précisé qu’en dépit de ces efforts, les chaînes de valeur régionales avec les partenaires africains demeurent encore marginales et dépendent de la capacité des économies africaines à générer davantage d’emplois, de valeur ajoutée et de transfert de technologies.
« Dans le cadre des outils d’accompagnement, il est également prévu la mise en place d’un centre d’appui à l’internationalisation des entreprises marocaines, en particulier des petites et moyennes entreprises (PME) », a-t-elle conclu.
ACP/C.L.

