RDC : les politiques nationales de l’entrepreneuriat présentées aux étudiants de Kinshasa

Kinshasa, 10 juin 2026 (ACP).- Les  politiques nationales et les opportunités entrepreneuriales  offertes aux jeunes ont été présentées mercredi par le ministre de tutelle, aux étudiants lors de la 8ème Journée des entreprises organisée à l’Université catholique du Congo (UCC) à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

 « Premier acte : nous avons lancé le Programme national de développement de l’entrepreneuriat au Congo (Pronadec). Toute notre politique publique peut être résumée en trois « C ». Si vous retenez cela, vous aurez compris l’essentiel », a déclaré Justin Kalumba, ministre de l’Entrepreneuriat et du développement des PME lors de son intervention à la Journée des entreprises organisée par la faculté d’économie et développement de l’UCC. 

Selon Justin Kalumba, le premier « C » est celui de la Capacitation, qui consiste à former les jeunes à l’entrepreneuriat dès le parcours scolaire et universitaire afin de transformer les idées théoriques en projets économiques concrets.

Il a indiqué que cette vision prévoit notamment l’intégration progressive de l’entrepreneuriat dans les programmes éducatifs, le développement des incubateurs universitaires ainsi que le renforcement des enseignements pratiques liés à la création d’entreprises.

 « Parmi les institutions qui composent cet écosystème figure l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais (Anadec), dont la mission est d’assurer la formation, le mentorat et le coaching des entrepreneurs », a-t-il expliqué.

Le deuxième « C », a poursuivi le ministre, concerne le Crédit, considéré comme l’un des principaux défis auxquels font face les jeunes entrepreneurs.

Pour faciliter l’accès au financement, le gouvernement a mis en place le Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo (Fogec), chargé de garantir les crédits accordés aux porteurs de projets disposant d’un business plan viable mais ne possédant pas de garanties suffisantes.

 « Lorsqu’un jeune est formé et présente un projet solide, le Fogec peut intervenir auprès des banques pour garantir son crédit », a affirmé le ministre, précisant que ce mécanisme a déjà permis d’accompagner récemment des financements atteignant jusqu’à 100.000 dollars américains.

Vers une République entrepreneuriale

Abordant le troisième « C », celui du Contrat, le ministre a expliqué que l’État entend également ouvrir davantage de marchés aux jeunes entrepreneurs afin de leur permettre de concrétiser leurs projets et de créer des emplois.

Il a présenté à cette occasion une vision consistant à transformer progressivement les circonscriptions électorales en « celles entrepreneuriales », capables de produire périodiquement de jeunes porteurs de projets bénéficiant d’un accompagnement en formation, financement et accès au marché.

 « Il ne s’agit plus d’un concours de champions politiques, mais d’un concours de ceux  de l’idée, d’innovation et de l’entrepreneuriat », a-t-il soutenu.

À travers ce mécanisme, les jeunes sélectionnés seraient accompagnés pendant plusieurs années afin de développer des activités économiques répondant aux besoins de leurs communautés et créatrices d’emplois durables.

Le ministre a également invité les étudiants à adopter une nouvelle vision de leur avenir professionnel.

 « Notre première richesse est la ressource humaine, en particulier la jeunesse. Nous voulons que les jeunes ne poursuivent plus leurs études avec la seule ambition de trouver un emploi, mais également avec la volonté de créer une entreprise », a-t-il insisté.

La loi sur le contenu local comme nouvelle opportunité

Évoquant les réformes en cours, Justin Kalumba a salué l’examen au Parlement de la future loi sur le contenu local, qu’il considère comme une opportunité majeure pour la jeunesse congolaise.

Selon lui, cette réforme prévoit notamment l’ouverture de jusqu’à 30 % du capital des entreprises opérant en RDC aux Congolais, ainsi que la réservation de 5 % du capital aux travailleurs.

Pour le ministre, cette mesure favorisera non seulement une plus grande participation des Congolais dans l’actionnariat des entreprises, mais également leur accès aux postes de direction et de gouvernance économique.

 « Notre jeunesse ne sera plus seulement spectatrice de l’économie nationale ; elle en deviendra pleinement actrice », a conclu Justin Kalumba, invitant les étudiants à se préparer à saisir les opportunités qu’offre cette nouvelle dynamique entrepreneuriale. ACP/ Sukisa/Elengesa/Ngayama

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