Kinshasa, 05 janvier 2026 (ACP).-Un café méthodologique consacré à la mise en valeur de la méthode de l’Enquête collective rapide d’identification des conflits et des groupes stratégiques (ECRIS), a été organisé par Centre de recherche en environnement et développement social (CREDS) de l’Université de Kinshasa (Unikin- République démocratique du Congo), a appris l’ACP lundi de source universitaire.
« Cette activité académique, tenue à l’Unikin vise à promouvoir la réflexion scientifique et à renforcer les capacités en recherche en sciences sociales. Elle s’adressait principalement aux chercheurs et aux enseignants désireux d’approfondir leurs pratiques de recherche de terrain et d’analyser de manière rigoureuse les dynamiques sociales contemporaines », a restitué le professeur Colby Ngoy Bisongo, Directeur du CREDS.
« Une attention particulière est accordée à l’utilité de cette méthode dans l’analyse des projets de développement, des réformes publiques et des processus de fourniture des services sociaux de base, souvent marqués par des interactions multiples et conflictuelles entre acteurs institutionnels et sociaux », a-t-il dit.
Selon lui, ces séances de café méthodologique ont pour objectif, de présenter le canevas méthodologique de l’ECRIS, d’en exposer les fondements théoriques et d’en démontrer la pertinence dans l’étude des phénomènes sociaux complexes.
Il a par ailleurs ajouté que la première séance d’animation du café assurée par le Professeur ordinaire Jean-Pierre Mpiana Tshitenge, sociologue et enseignant-chercheur à la faculté des sciences sociales, administratives et politiques de l’Unikin, a rappelé que « la méthode ECRIS, élaborée par Jean-Pierre Olivier de Sardan et les chercheurs du LASDEL », repose sur une approche qualitative, inductive et collective qui permet de comprendre le fonctionnement réel d’une société au-delà des cadres institutionnels formels et des discours officiels.
Selon l’intervenant, l’ECRIS utilise les conflits non pas comme des simples dysfonctionnements mais, comme des indicateurs pertinents des dynamiques de changement social.
En outre, le professeur Colby Ngoy a indiqué que les échanges entre les 18 participants à la première séance entamé le 22 décembre 2025, et qui se poursuit en janvier 2026, à savoir des professeurs, des scientifiques et des chercheurs, ont souligné les principaux atouts de la méthode, notamment son caractère collectif et rapide, la triangulation des données et la confrontation des points de vue.
« Certaines limites ont toutefois été relevées, telles que le risque de survaloriser les conflits et la nécessité d’un encadrement scientifique expérimenté. À travers cette activité, le CREDS réaffirme son engagement en faveur d’une recherche méthodologiquement rigoureuse et ancrée dans les réalités sociales congolaises», a-t-il fait savoir.
Le professeur Emmanuel Biey Makaly, a été le co-organisateur de cette première séance de café méthodologique de CREDS.
ACP/C.L.

