Kinshasa, 2 août 2026 (ACP).- Les grandes figures du panafricanisme, de la décolonisation et de la défense de l’identité africaine dont Patrice Emery Lumumba de la République démocratique du Congo (RDC), ont été mises à l’honneur dans une réflexion consacrée aux valeurs de liberté, d’autodétermination et d’unité du continent, consultée dimanche par l’ACP.
« Plusieurs générations de penseurs, de dirigeants et d’artistes ont porté un même idéal : celui d’une Afrique libre de toute domination étrangère », a-t-on noté.
Selon cette réflexion, partagée, ces personnalités, issues de différents pays et horizons, ont en commun d’avoir pensé, écrit, chanté ou défendu un même mot d’ordre : « Liberté », en faisant de l’émancipation politique, culturelle et économique de l’Afrique le fondement de leur engagement.
La réflexion a rappelé notamment le rôle de George Padmore, considéré comme l’un des principaux théoriciens du panafricanisme moderne, dont les travaux ont influencé plusieurs futurs dirigeants africains.
Marcus Garvey est, quant à lui, présenté comme l’inspirateur d’un vaste mouvement de fierté noire, d’unité de la diaspora africaine et d’indépendance économique.
Cette note est revenue également sur Kwame Nkrumah, artisan de l’indépendance du Ghana en 1957, premier État d’Afrique subsaharienne à accéder à la souveraineté, ouvrant la voie aux mouvements de libération sur le continent, ainsi que sur Sékou Touré, qui choisit l’indépendance totale de la Guinée malgré de fortes pressions politiques et économiques.
L’héritage de Julius Nyerere est associé à sa vision de l’Ujamaa, fondée sur un socialisme africain privilégiant l’éducation, la solidarité et l’unité nationale.
Frantz Fanon est, pour sa part, salué pour ses écrits et son engagement contre le colonialisme, devenus des références majeures dans les études sur la décolonisation, la race et l’identité.
Le document met également en avant Aimé Césaire, père du concept de la Négritude, qui a contribué à la valorisation des cultures africaines et afrodescendantes, ainsi que Patrice Emery Lumumba, symbole de l’indépendance de la République démocratique du Congo et de la résistance aux ingérences étrangères.
La lutte pour la souveraineté du Cameroun est illustrée à travers les parcours de Ruben Um Nyobè, Félix Moumié, Ernest Ouandié et Joseph Tchundjang Pouemi, qui ont dénoncé les mécanismes de dépendance économique hérités de la colonisation.
Le texte souligne également les contributions de Thomas Sankara, promoteur de l’autosuffisance, des droits des femmes, de la protection de l’environnement et de la bonne gouvernance au Burkina Faso, ainsi que d’Amílcar Cabral, qui associait la lutte de libération à l’éducation des populations.
Dans le domaine artistique, Miriam Makeba est reconnue pour avoir utilisé sa musique afin de dénoncer l’apartheid en Afrique du Sud, tandis que Bob Marley est présenté comme un ambassadeur des idéaux de justice, d’unité africaine et de liberté à travers le reggae.
Fela Kuti est également cité pour avoir fait de la musique un instrument de résistance politique contre la corruption et l’autoritarisme.
Enfin, Nelson Mandela demeure une référence universelle de résilience, de réconciliation et de leadership démocratique, alors que l’historien Cheikh Anta Diop est salué pour avoir profondément renouvelé les études sur l’histoire de l’Afrique et réaffirmé la place du continent dans l’histoire des civilisations.
À travers ces parcours, le Forum Valeurs et Cultures rappelle que la liberté, l’unité et la dignité des peuples africains demeurent des idéaux portés par des générations de leaders, d’intellectuels et d’artistes dont l’héritage continue d’inspirer les sociétés africaines contemporaines.
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