Kinshasa, 2 août 2026 (ACP).- Le contribution de la chanteuse Élisabeth Muidikay connue sous le nom Tshala Muana, dans la valorisation de la langue tshiluba de la République démocratique du Congo sur la scène internationale a été évoquée dimanche lors d’une rencontre d’une mutuelle des amoureux de la rumba.
«La promotion de la danse traditionnelle Mutuashi et la valorisation de la langue tshiluba sur les scènes continentales et internationales sont à mettre sur les actifs de TshalaMuana », a déclaré Mme Bernadette Otshumba, trésorière de l’Asbl Rumba sans frontières.
Surnommée la ‘‘Reine du Mutuashi’’ et ‘‘Mamu Nationale’’, Tshala Muana est considérée comme une véritable ambassadrice de la culture congolaise à une époque où la majorité des musiciens congolais privilégient le lingala dans leurs œuvres.
La cantatrice a fait le choix de chanter fièrement en tshiluba, contribuant à faire connaître cette langue bien au-delà des frontières de la République démocratique du Congo.
Originaire de la Province du Kasaï central, elle a modernisé le Mutuashi, une musique et une danse traditionnelles du peuple Luba, en leur donnant une dimension contemporaine.
Ses prestations scéniques, caractérisées par des chorégraphies dynamiques et des mouvements de bassin devenus sa signature, lui ont valu une renommée à travers toute l’Afrique.
À partir des années 1980, elle a enchaîné plusieurs succès devenus des classiques de la musique congolaise, notamment Karibu Yangu, Nasi Nabali, Amina, Malou et Lekela Muadi, des chansons qui continuent de traverser les générations.
Installée pendant plusieurs années en Côte d’Ivoire puis à Paris, Tshala Muana a collaboré avec plusieurs producteurs de renom, ayant participé au rayonnement de la culture congolaise sur la scène internationale.
Au-delà de sa carrière artistique, elle s’est également illustrée dans la vie politique.
Après la chute du régime de Mobutu Sese Seko et l’arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila en 1997, elle est rentrée au pays pour s’engager dans les affaires publiques.
Elle a siégé comme députée au Parlement de transition entre 2000 et 2002, composant en même temps plusieurs chansons patriotiques.
Décédée en 2022, Tshala Muana a laissé un héritage artistique et culturel considérable.
Son œuvre continue d’inspirer de nombreux artistes et demeure un symbole de la promotion des langues nationales, de l’identité culturelle congolaise et de l’émancipation de la femme dans la musique africaine.
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