Appel à la protection de hits rumba du vivant de leurs faiseurs

Kinshasa, 5 juin 2026 (ACP).- Un appel à la protection des hits rumba du vivant de leurs faiseurs a été lancé, vendredi, par un opérateur culturel, joint au téléphone par l’ACP à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

« Depuis près d’un demi-siècle, la plupart des grands noms derrière les tubes emblématiques de notre rumba demeurent des inconnus, des opprimés à qui il est prohibé de parler de leurs créations. Il est temps de protéger ces plumes de l’ombre qui détiennent plus de 70% du patrimoine essentiel de la rumba mais restent ignorées des sociétés de gestion collective. Maîtriser vos droits vous offre une protection et vous libère », a déclaré Eddy Ngombe Mwėné, administrateur des éditions Tamaris. Il a, par la même occasion, dénoncé l’agonie des auteurs-compositeurs de rumba des deux rives du fleuve Congo qui, selon lui, sont “inconnus, spoliés et morts dans l’oubli”, pendant que leurs tubes font la fortune des vedettes.

Pour la source, les droits musicaux sont au cœur de la rémunération des artistes et du fonctionnement de l’industrie musicale. Il déplore que beaucoup de professionnels ne maîtrisent pas encore les rouages essentiels pour sécuriser leurs créations et éviter les litiges juridiques.
Le droit d’auteur, a-t-il expliqué, reste la base de toute protection. Il garantit aux auteurs et compositeurs le droit moral, qui préserve l’intégrité de l’œuvre, et le droit patrimonial, qui permet de tirer des revenus de leur création. Or, « beaucoup d’auteurs et compositeurs se voient spoliés par des interprètes qui ont réellement diminué la valeur de ces créateurs exceptionnels », a-t-il dénoncé.

« Quels sont les chanteurs, vedettes de la musique et interprètes congolais qui sont véritablement propriétaires des œuvres ayant bâti leur notoriété et leur fortune ? », s’est-il interrogé.

Et de citer Grand Kallé qui, selon lui, « savait exprimer sa reconnaissance envers ses plus grands compositeurs, y compris Jeannot Bombenga, dont les droits sont dûment honorés ».

Depuis des décennies, a-t-il rappelé, les véritables créateurs de la rumba demeurent inconnus. A l’en croire, la culture est une sphère de sincérité et la création n’a pas besoin d’usurpateurs. Il est important de reconnaître les talents des auteurs et compositeurs et de leur accorder la place qu’ils méritent.

Eddy Ngombe a, par ailleurs, rendu hommage aux plumes de l’ombre : Vadio Mambenga, Do Akongo, Wazekwa, Djo Nolo, Celi Bitsou, Wuta Mayi, Lola Checain, Simaro, Mayaula Mayoni, Empopo Loway, Max Mongali.

« Nombreux ont volontairement ou par contrainte dû rester dans l’ombre », a-t-il noté, avant de saluer El Dorado Claude Mayituku, “faiseur de hits exceptionnel » dont la touche se retrouve sur les albums de Djodjo Lina, Senado, Didier Milla, Vigas, Yvon Moumpala ces 20 dernières années.

« Je rends hommage aux brillants compositeurs qui créent notre rumba. Je sais vous reconnaître derrière les voix et les expressions de ceux qui exploitent vos œuvres. Maîtriser vos droits vous offre une protection et vous libère », a-t-il conclu.

ACP/ S.J.

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