Kinshasa, 10 mars 2026 (ACP).– Un appel a été lancé aux jeunes pour une formation de création artistique en mars à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), mettant en dialogue la culture, le patrimoine et l’écologie autour du bassin du Congo, selon le coordonnateur de cette initiative contacté mardi par l’ACP.
« Nous orientons volontairement nos projets vers les jeunes, car nous sommes convaincus que l’avenir leur appartient. Ce que nous faisons aujourd’hui, nous ne le faisons pas pour nous-mêmes, mais pour les générations futures. Les jeunes d’aujourd’hui sont les décideurs, les artistes, les chercheurs et les leaders de demain. En les formant et en les sensibilisant dès maintenant aux enjeux environnementaux et patrimoniaux, nous investissons dans une transformation durable de nos sociétés », a déclaré Vincent Nkunda, coordonnateur du projet.
D’après lui, le projet porte un regard particulier sur la femme, car cette dernière joue un rôle fondamental, bien que souvent marginalisé. Elle est au cœur de la cellule familiale, et une grande partie de l’éducation des enfants passe par elle. « Sensibiliser et former une femme, c’est indirectement toucher toute une famille, voire toute une communauté. En intégrant davantage les femmes dans ce programme constitue un renforcement lié à l’impact global de cette action culturelle », a-t-il expliqué.
Et d’ajouter : « Le bassin du Congo étant à la fois un écosystème stratégique pour le climat mondial et un espace de mémoire de traditions et d’identités. À travers le théâtre, la musique et les arts visuels, nous voulons traduire les enjeux écologiques en récits compréhensibles, accessibles et émotionnellement engageants ».
Vincent Nkunda a, en outre, précisé que les artistes formés dans ce programme ne seront pas seulement des créateurs, ils seront des vecteurs de sensibilisation auprès des populations locales. « L’art devient ainsi un outil pédagogique et citoyen au service de la protection du patrimoine naturel et culturel », a-t-il indiqué. « Nous encourageons vivement les candidats à intégrer la dimension environnementale, la protection de la nature et la valorisation de notre patrimoine dans leurs démarches artistiques. Le bassin du Congo, sa biodiversité et ses cultures méritent d’être défendus et mis en lumière. Ainsi, c’est dans cette logique que nous avons décidé de constituer un consortium avec un acteur culturel engagé, le Théâtre du Fleuve, afin de porter un projet à la fois artistique et éducatif. Ce projet a pu voir le jour grâce au soutien financier d’Africalia et d’Enabel, qui ont cru en cette approche combinant culture, écologie et formation citoyenne », a-t-il martelé.
Pour lui, les artistes ont une responsabilité sociale. Leur voix, leurs œuvres et leurs créations peuvent influencer les mentalités et contribuer à éveiller les consciences. Par ailleurs, il fait savoir que cette formation se fera dans un cadre propice à la création et à l’échange, en collaboration avec les partenaires institutionnels et culturels. Elle comprendra des ateliers, des résidences de création et des moments de restitution publique, avant d’ajouter que l’ambition, c’est de former des artistes conscients, engagés et capables de devenir des ambassadeurs de la protection du bassin du Congo. La sélection des candidats se fera sur base de la qualité artistique du dossier soumis, de la motivation du candidat et de la pertinence de sa démarche par rapport aux enjeux environnementaux et patrimoniaux.
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