Application du ‘‘statut de l’artiste’’ en RDC : acteurs et décideurs interpellés

Kinshasa, 17 août (ACP).- Les professionnels de la culture et les autorités congolaises ont été interpellés pour le retard observé dans l’application et la vulgarisation du statut de l’artiste en République démocratique du Congo (RDC) lors d’un forum de réflexion citoyenne et culture organisé dimanche en mode vision conférence, a constaté l’ACP.

«Le gouvernement congolais a bien pensé de mettre en place ce texte légal. L’Assemblée nationale a adopté, le 8 mai 2025, la loi ratifiant l’Ordonnance-loi n° 25/030 du 12 mars 2025, portant principes fondamentaux relatifs à la culture et aux arts. Mais, il est anormal que le statut de l’artiste ne soit non seulement vulgarisé et/ou méconnu des acteurs du secteur. Il revient au gouvernement et aux organisations professionnelles de mener de campagne de sensibilisation pour l’application effective de ce texte», a soutenu Didi Kembola, opérateur culturel et initiateur du Forum. 

«Il faut que les artistes s’en réapproprient avant de ressentir ses effets. On constate que les créateurs congolais réclament leurs droits, mais certains ne saisissent pas encore les outils mis à leur disposition.  Or, cette loi pose les fondements de la politique culturelle nationale et consacre notamment la reconnaissance du statut de l’artiste», a-t-il ajouté.

Et de poursuivre : « Ce texte légifère même la liberté de création et d’expression artistique, la protection de la diversité et du patrimoine culturels, ainsi que la nécessité de mécanismes de financement de la culture ».

Appel à la mise en œuvre effective : responsabilité partagée    

Pour l’expert, ces textes constituent des avancées importantes. « Mais leur existence ne suffit pas : encore faut-il que les artistes les connaissent et que les mesures prévues soient effectivement appliquées ».

«Les responsabilités sont partagées. Les artistes doivent s’informer, s’organiser et accomplir les formalités nécessaires pour accéder aux droits prévus. Les associations professionnelles doivent également vulgariser ces textes et accompagner leurs membres», a-t-il dit.

Toutefois, Didi Kembola estime que la responsabilité principale revient aux pouvoirs publics.

«Il appartient au ministère de la Culture, Arts et Patrimoine d’organiser une vaste campagne de vulgarisation, pédagogique et de proximité, dans toutes les provinces et pour toutes les disciplines artistiques. L’État adopte des textes, mais ne déploie pas suffisamment les moyens nécessaires pour les faire connaître et les rendre pleinement applicables», regrette l’opérateur culturel.

Selon lui, la communication sur la loi fondamental ne doit pas se limiter aux réseaux sociaux ni à quelques activités organisées à Kinshasa. «Les démarches doivent être simples, accessibles et clairement expliquées. Une réforme ne se mesure pas seulement aux textes adoptés ou aux discours prononcés, mais aux changements concrets qu’elle apporte dans la vie de ses bénéficiaires», a fait savoir l’expert congolais.

«Les textes existent. Mais quand les artistes congolais pourront-ils réellement en ressentir les effets ?», s’interroge-t-il, en appelant le gouvernement à doter des moyens au ministère de la culture pour assurer l’application de ce texte prépondérant pour le droit des créateurs en RDC. ACP/JD

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