RDC : les anciennes salles de cinéma, entre nostalgie et renaissance du septième art

Kinshasa, 17 août 2026 (ACP).- Les anciennes salles de cinéma de Kinshasa, jadis considérées comme de hauts lieux de divertissement, de rencontres et de diffusion culturelle, ont progressivement disparu du paysage urbain congolais, laissant place à des commerces, bureaux, habitations et autres activités, a constaté l’ACP lundi lors d’une ronde.

«De l’époque de Léopoldville à Kinshasa dans l’ancienne République du Zaïre, les salles telles que le Palladium, le Palace, le RAC, le Ciné Camp Léopold, ainsi que plusieurs salles implantées dans les communes de Kinshasa, constituaient des espaces privilégiés de découverte du septième art», a rapporté Boniface Mpoyi, Coordonnateur de la structure Master digital proxy.

«Des archives historiques témoignent de l’importance prise par ce réseau de salles, qui comptaient plusieurs dizaines de lieux de projection dans la capitale au cours des décennies suivantes», a-t-il ajouté.

La disparition progressive de ces infrastructures, a-t-il indiqué, est liée à plusieurs facteurs, notamment les crises économiques et politiques, les difficultés de gestion, la dégradation des bâtiments, mais également l’apparition de nouvelles habitudes de consommation des œuvres cinématographiques avec la vidéo, les chaînes de télévision, les DVD et, plus récemment, les plateformes numériques et les réseaux sociaux.

À Kinshasa, selon lui, plusieurs anciennes salles ont ainsi changé de vocation. «Le Palladium, qui avait connu différentes transformations au fil des années, a finalement été démoli, tandis que d’autres anciennes salles ont été converties en commerces, bureaux, lieux de culte ou espaces résidentiels», a fait savoir le Coordonnateur de la structure Master digital proxy.

Cette situation n’a toutefois pas sonné le glas du cinéma en République démocratique du Congo.

Mr. Mpoyi a affirmé que, depuis quelques années, des initiatives privées tentent de réintroduire la culture de la salle obscure dans la capitale. C’est notamment le cas de CineKin, qui avait ouvert trois salles à Kinshasa en 2017, contribuant à la relance de la fréquentation cinématographique.

D’autres initiatives, notamment autour de CineBuzz et du groupe Divo International, ont également contribué à la réapparition de salles de projection dans la capitale.

En 2026, à l’en croire, la relance du secteur semble prendre une dimension institutionnelle plus importante.

«Le décret portant création, organisation et fonctionnement du Centre national du cinéma congolais (CNCC) a été publié au Journal officiel, une décision saluée par les professionnels du secteur comme une étape importante dans la structuration de l’industrie cinématographique nationale», a-t-il laissé entendre.

Cette dynamique fait suite à la volonté exprimée par le gouvernement de renforcer les infrastructures consacrées au cinéma.

Pour Boniface Mpoyi, la renaissance du cinéma congolais ne devrait donc pas se limiter à la production des films. Elle devrait également passer par la construction et la réhabilitation des salles, la formation des professionnels, la distribution des productions nationales et la création d’un public régulier.

La résurrection des salles de cinéma, a-t-il conclu, apparaît ainsi comme un enjeu culturel et économique majeur pour la RDC, au moment où le pays cherche à mieux valoriser son patrimoine artistique et à donner au septième art congolais une place à la hauteur de son potentiel. ACP/LZN

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