Cinéma : valorisation des récits traditionnels pour affirmer l’identité culturelle congolaise à l’ère numérique

 Kinshasa, 18 août 2025 (ACP) –  La valorisation des récits traditionnels dans la création cinématographique moderne, en vue d’affirmer l’identité culturelle congolaise à l’ère numérique, a été abordée à Kinshasa par Adan Vainqueur, réalisateur congolais, lors d’un entretien accordé à l’ACP.

« Le cinéma peut fixer à l’écran ce que portaient dans leur voix les griots et faire redécouvrir des récits oubliés, les faire voyager au-delà de nos frontières. Nous avons une immense responsabilité de valoriser les récits traditionnels dans la création cinématographique moderne à l’ère du numérique pour affirmer et préserver notre identité culturelle. Racontons nos histoires, sinon d’autres le feront à notre place », a déclaré Adan Vainqueur, réalisateur et scénariste.

« Les récits traditionnels occupent une place centrale dans la démarche artistique. Ils sont une source d’identité, d’émotion et d’universalité. Le storytelling congolais traditionnel se distingue par sa transmission orale, son lien profond avec la nature, ses symboles forts et sa manière de transmettre des valeurs à travers les personnages (souvent animaux ou esprits). L’humour, les proverbes et les chansons jouent aussi un rôle important », a-t-il ajouté.

Selon lui, les récits traditionnels peuvent être adaptés au cinéma numérique par une écriture visuelle forte, des effets spéciaux subtils, mais surtout par une mise en scène respectueuse du rythme et de la profondeur des récits.

« Les récits traditionnels peuvent être adaptés au cinéma numérique par une écriture visuelle forte, des effets spéciaux subtils, mais surtout par une mise en scène respectueuse du rythme et de la profondeur des récits. Il ne s’agit pas de faire du folklore, mais d’en révéler l’universalité. Je suis en pleine production d’un film dont la culture congolaise sera au cœur de mon scénario », a-t-il révélé. Il a précisé que le principal obstacle réside dans le manque de documentation fiable et accessible. Ensuite, le financement : les récits traditionnels ne sont pas toujours « bankables » aux yeux des producteurs.

« Le principal obstacle, c’est le manque de documentation fiable et accessible. Ensuite, il y a le financement : les récits traditionnels ne sont pas toujours “bankables” aux yeux des producteurs. Il manque un pont entre les artistes et les chercheurs. Les détenteurs du savoir sont parfois isolés. Il faudrait des résidences, des archives ouvertes, des collaborations régulières entre cinéma et université », a-t-il indiqué.

Adan Vainqueur est un acteur, réalisateur et scénariste congolais reconnu pour son cinéma engagé. Fondateur de World Collection, il mène également des initiatives pour la formation de jeunes talents au Congo.

 ACP/C.L.

Fil d'actualités

Sur le même sujet