Kinshasa, 06 novembre 2025 (ACP).- Une école de langue et de culture italiennes, marquant une étape significative dans la coopération culturelle entre la République démocratique du Congo et l’Italie, a été inaugurée jeudi à l’Institut supérieur pédagogique et technique de Kinshasa (ISPT-Kin) à Gombe, dans le nord de la capitale, a constaté l’ACP.
« L’ouverture de cette première école de langue et de culture italiennes, organisée par le comité Dante Alighieri de Kinshasa, marque une étape importante pour la coopération culturelle entre l’Italie et la RDC. Je suis très heureux d’être ici dans cet institut qui forme les ingénieurs du futur. Je suis honoré que l’établissement donne l’opportunité d’étudier la langue italienne, une langue qui a vu naître certains de plus grands ingénieurs du monde comme Léonard de Vinci, Galilée et bien d’autres », a déclaré Dino Sorrentino, ambassadeur de l’Italie en RDC.
Le diplomate italien a souligné que son pays se réjouit de « faire voyager la langue italienne à travers le monde » et de donner aux étudiants congolais « la possibilité d’apprendre une langue qui stimule la créativité ».
« Nous leur offrons l’opportunité d’étudier une langue qui, idéalement, leur permettra non seulement de parler italien, mais aussi de penser en italien, et peut-être même de raisonner comme les ingénieurs italiens », a-t-il expliqué.
Pour sa part, Albert Yenga-Yenga, Directeur général de l’ISPT-Kinshasa, a salué ce partenariat qui ouvre de nouvelles perspectives pour la formation technique et scientifique en RDC. « On n’importe pas une langue sans importer sa culture, et on n’importe pas une culture sans importer la technologie qui est cachée derrière cette culture », a-t-il fait remarquer. « La RDC manque de main-d’œuvre qualifiée dans le domaine technique pour aider le pays à prendre de la hauteur dans les secteurs de l’électricité, de l’intelligence artificielle et d’autres domaines. Grâce au mécanisme de transfert de technologies, éclairé par la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi Tshilombo, nous nous sommes engagés à doter notre pays des compétences et des technologies nécessaires, en scellant des accords avec de grandes puissances. Voilà pourquoi l’Italie est la bienvenue aujourd’hui », a-t-il fait savoir.
La Société Dante Alighieri en RDC : un pont culturel entre Kinshasa et Rome
Abordant les inquiétudes liées au néocolonialisme, Gilbert Mussapa, secrétaire général académique de la Société Dante Alighieri, porteuse de ce projet, a tenu à clarifier : « Je ne pense pas que cette fois-ci, il s’agisse du néocolonialisme. Il s’agit bien d’échanges. Quand il y a échange, il y a coopération », a-t-il martelé.
Il a précisé que cette initiative s’inscrit dans un cadre bilatéral, soutenu par les ministères des Affaires étrangères de deux pays et qu’elle se concentre exclusivement sur les domaines culturel et éducatif.
« Tous les Congolais devraient donner une chance à cette école, à cette opportunité, puisque c’est une belle occasion d’échanges. Les Italiens profitent de quelque chose ici chez nous et nous devons, nous aussi, profiter de quelque chose chez eux », a-t-il conclu.
Une rentrée académique sous le signe de la modernité et de la technologie
Par ailleurs, le secrétaire général académique, John Salumu, a replacé cette inauguration dans le contexte de la rentrée académique, placée sous le signe de la modernité, du numérique et de l’ouverture internationale.
« Cette rentrée représente le départ d’un nouveau voyage intellectuel, humain et technologique à l’ISPT-Kinshasa. Nous vivons à une époque où la technologie n’est plus un simple outil, mais un véritable langage universel. Elle transforme la manière dont nous apprenons, enseignons et interagissons », a-t-il explicité.
Il a rappelé que les salles de classe se digitalisent, les livres deviennent interactifs et le savoir circule librement sur les plateformes numériques, pendant que l’intelligence artificielle redéfinit la pédagogie. « La technologie n’est pas un luxe, mais une nécessité pour l’excellence académique et le développement national », a-t-il insisté, citant notamment les outils Obsolution pour la gestion financière et SISNET pour la gestion académique. « L’Italie, pays de Léonard de Vinci et de Galilée, a toujours été à la croisée de la créativité et de la technologie. Apprendre l’italien, c’est tisser des ponts entre culture et innovation, entre humanisme et science », a-t-il conclu. ACP/

