RDC: Journée de l’écrivain africain, la visibilité croissante et reconnaissance saluées

Kinshasa, 07 novembre 2025 (ACP).- Les progrès enregistrés dans la reconnaissance et la visibilité des écrivains africains, notamment ceux de la République démocratique du Congo (RDC), ont été salués vendredi à l’occasion de la Journée internationale de l’écrivain africain, célébrée chaque le 7 novembre, par un écrivain  lors d’une interview accordée à l’ACP.

«Oui, des avancées se profilent  modestes mais réelles. Je les vois en trois axes : D’abord, la visibilité: de plus en plus d’auteurs africains accèdent à la scène internationale, leurs voix sont traduites, leurs récits partagés. Cela enrichit notre paysage littéraire», a déclaré l’écrivain congolais et expert en image personnelle Joyce Masiala.

«Ensuite, l’innovation dans les formes et les supports: aujourd’hui l’écrivain africain ne se contente plus du roman “traditionnel”. Il expérimente, mélange genres, écrit en langues locales ou hybrides, profite du numérique pour toucher de nouveaux lecteurs. Enfin, la prise de conscience interne: les associations d’écrivains, les rencontres continentales, les journées comme celle–ci, forgent une communauté qui se reconnaît», a-t-il ajouté.

Selon lui, ces avancés ne signifient pas l’élimination des obstacles.

«Mais je reste lucide: ces avancées ne signifient pas l’élimination des obstacles. Le manque d’infrastructures éditoriales, la faiblesse du marché du livre ou encore l’accès limité aux bibliothèques demeurent des freins», a-t-il souligné.

Joyce Masiala, a par ailleurs, explicité les enjeux visant à préserver les avancées constatées dans la vie de l’écrivain Africain.

«Je pense pour conserver au moins ce qu’on a acquis: il faut Préserver les avancées demande des actions concrètes. Voici quelques pistes que je porte dans mon cœur, – Renforcer les maisons d’édition et les librairies locales: sans circuit de diffusion indépendant et robuste, l’écrivain reste isolé, – Soutenir l’écriture dans les langues africaines : il faut que nos langues portent aussi les œuvres, pas uniquement comme sujet mais comme médium», a-t-il illustré.

Et de renchérir: «Encourager la formation des jeunes écrivains: ateliers, résidences, mentorat pour que les talents émergents ne se perdent pas. -Créer des cadres de dialogue entre écrivains, éditeurs, bibliothécaires, médias: c’est l’union qui fait la force. Plaider pour des politiques culturelles nationales qui prennent en compte la production littéraire».

Un message particulier aux hommes des lettres

Joyce Masiala a achevé son intervention en lançant un message aux écrivaines et écrivains du continent.

«Continue parce que ton récit, même humble, peut faire vibrer un autre cœur. Nous sommes des gardiens de mémoire, des éclaireurs d’avenir, des témoins de nos sociétés. Ne doute pas de ta valeur. Ne laisse jamais l’ombre d’un marché limité éteindre la flamme de ton écriture. Relève-toi, écris encore, relis-toi, partage. Renforce tes liens avec les autres écrivains, crée ton réseau, bâtis ta communauté», a-t-il lancé.

Célébrée le 7 novembre de chaque année,  cette journée se présente comme une halte nécessaire sur le chemin de la mémoire collective africaine. Elle a pour mission de réparer le silence auquel tant d’écrivains africains furent condamnés, de réaffirmer la valeur de la plume africaine, et de célébrer la diversité linguistique, culturelle, et littéraire du continent noir.

ACP/ODM

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