Création d’une Commission contre la fuite des cerveaux préconisée comme solution en RDC

Kinshasa, 15 octobre 2026 (ACP).- La création d’une Commission contre la fuite des cerveaux en République démocratique du Congo a été préconisée comme solution par un auteur congolais dans son ouvrage de 17 chapitres dont le baptême est prévu le 23 octobre à la bibliothèque Wallonie-Bruxelles, a appris l’ACP jeudi de l’auteur.

« À travers mon ouvrage “La fuite des cerveaux en RDC : causes, conséquences et pistes de solutions”, je défends une proposition concrète : la création d’une Commission de lutte contre la fuite des cerveaux, qui permettrait de coordonner les efforts des institutions, d’assurer un meilleur suivi des étudiants boursiers et de favoriser la contribution des compétences congolaises au développement du pays », a déclaré Chadrack Itofe, auteur de l’ouvrage.

Interrogé sur le sens du titre, l’auteur a expliqué sa démarche.

« À travers le titre La fuite des cerveaux en République démocratique du Congo : causes, conséquences et pistes de solutions, je veux faire comprendre que la véritable richesse d’une nation ne se limite pas à ses ressources naturelles, mais repose avant tout sur l’intelligence, les compétences et le potentiel de sa population », a-t-il dit.

Il a précisé le message qu’il porte à travers l’ouvrage.

« Mon message est simple : nous ne pouvons pas prétendre construire un Congo fort et prospère si nous ne créons pas les conditions permettant à nos talents de s’épanouir et de contribuer au développement de leur propre pays », a poursuivi Chadrack Itofe.

« Je ne condamne pas ceux qui partent à l’étranger à la recherche d’un avenir meilleur. Je m’interroge plutôt sur les raisons qui les poussent à partir et sur les responsabilités que nous avons collectivement pour changer cette réalité », a-t-il ajouté, soulignant que son ambition est de « passer d’une logique de fuite des cerveaux à une logique de circulation des compétences ».

Contenu et diagnostic du phénomène

S’agissant du contenu, l’auteur a indiqué que son livre analyse le phénomène dans sa globalité.

« Mon livre analyse le phénomène de la fuite des cerveaux en République démocratique du Congo, en mettant en lumière ses principales causes, ses conséquences sur le développement national et les solutions envisageables », a-t-il expliqué.

« J’y aborde notamment les difficultés économiques, le manque d’opportunités professionnelles, les mauvaises conditions de travail, la faible valorisation du mérite et les problèmes de gouvernance qui peuvent pousser les compétences congolaises à chercher ailleurs un environnement plus favorable », a relevé M. Itofe.

Genèse née d’une frustration

Sur la genèse de l’ouvrage, il a évoqué une motivation personnelle.

« Ce livre est né d’une frustration, mais surtout d’un sentiment de responsabilité envers mon pays », a-t-il confié.

« J’ai été interpellé par ce paradoxe : la République démocratique du Congo dispose d’immenses ressources naturelles et forme des jeunes ambitieux et compétents, mais une partie de ces talents se voit contrainte de chercher à l’étranger les opportunités qu’elle peine à trouver chez elle », a-t-il dit.

« Pour moi, écrire ce livre était une manière de transformer une préoccupation personnelle en une réflexion utile à la société et, je l’espère, en un véritable levier d’action pour les décideurs », a-t-il soutenu.

Un appel à refuser la fatalité

Quant à ses attentes, il a souhaité un changement de perception.

« J’espère avant tout que ce livre amènera les lecteurs à comprendre que la fuite des cerveaux n’est pas une fatalité et que nous ne devons pas nous contenter de constater le départ de nos compétences », a-t-il dit.

« Je souhaite que les jeunes comprennent qu’ils ont un rôle à jouer dans la transformation de leur pays, tout en sachant que leur engagement doit s’accompagner de possibilités réelles de réussite et d’épanouissement professionnel », a ajouté M. Itofe.

Enfin, sur la structuration, l’auteur a précisé que son ouvrage est structuré autour de 17 chapitres, suivis d’une conclusion.

« Cette conclusion est particulièrement importante, car je ne voulais pas terminer mon livre sur un simple constat. Je tenais à proposer un mécanisme institutionnel susceptible de contribuer à la recherche de solutions », a-t-il conclu.

ACP/ STJ (SP)

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