Kinshasa, 10 août 2026 (ACP).- L’évolution de la rumba congolaise a constitué un processus naturel et inévitable devant être accompagné par les anciennes générations, tout en préservant les fondamentaux de ce patrimoine musical, a soutenu un expert de la culture congolaise lundi à l’ACP.
« De nombreux puristes et nostalgiques demeurent attachés à la rumba traditionnelle et peinent à accepter les transformations qu’elle connaît faisant fi de son évolution devenue inévitable », a indiqué Michel Kalimba, expert en rumba congolaise, estimant que cette mutation s’inscrit dans l’évolution normale des sociétés, des goûts musicaux et des pratiques culturelles.
« Le monde évolue constamment et les nouvelles générations apportent leur propre vision artistique. La musique ne peut échapper à cette dynamique », a-t-il expliqué.
Selon cet expert, chaque époque développe sa propre sensibilité, sa poésie et ses influences.
Il a rappelé que les aînés ont la responsabilité d’assurer la transmission des connaissances et des valeurs de la rumba aux jeunes artistes, tout en accueillant les innovations qu’ils introduisent. Ce passage de témoin, a-t-il indiqué, est indispensable pour garantir la continuité de cette expression musicale.
Michel Kalimba a également observé que la jeune génération développe déjà une nouvelle école de la rumba congolaise, marquée par le métissage musical et des influences venues d’autres horizons, ce qui soulève des interrogations sur l’identité même de ce genre musical.
Il a, par ailleurs estimé que, aucun reproche ne saurait être adressé à un artiste congolais qui choisit d’explorer d’autres styles musicaux, rappelant que la création artistique est fondée sur la liberté et l’ouverture aux diverses inspirations.
En revanche, il a insisté sur le fait que la préservation de la rumba congolaise demeure une responsabilité naturelle des musiciens congolais, considérés comme les gardiens de cet héritage culturel, appelés à en assurer la pérennité pour les générations futures. ACP/K.

