Kinshasa, 30 mars 2026 (ACP).- L’œuvre sculpturale « Mwasi Mwinda », exposée à l’extérieur des salles de l’Institut français de Kinshasa, puis au Musée national en République démocratique du Congo, a suscité l’intérêt du public par sa portée symbolique et son esthétique fondée sur le recyclage des déchets électroniques, a constaté l’ACP lundi.
« La sculpture symbolise une femme qui éclaire toutes les autres femmes du monde. C’est une reine électronique. Et continue de susciter l’intérêt du public par sa portée symbolique et son esthétique fondée sur le recyclage des déchets électroniques», a expliqué Jonas Mobe, critique d’art.
Réalisée en 2018 dans le cadre de l’exposition futuriste « Kinshasa 2050 – Les femmes d’abord ! », organisée conjointement par le Goethe-Institut et l’Institut français, cette sculpture-installation représente une figure anthropomorphe à l’allure totémique.
La posture frontale du personnage et la tête coiffée d’une couronne évoquent une figure d’autorité, tandis que la robe volumineuse et structurée renforce l’idée d’une présence imposante, presque royale.
Sur le plan technique, l’œuvre est constituée d’une accumulation de matériaux hétéroclites, principalement issus de déchets électroniques, notamment des circuits imprimés, des câbles et divers composants informatiques.
Selon M. Mobe, cette démarche vise à éveiller la curiosité des jeunes générations autour de l’électronique et de la technologie.
« C’est pour donner aux enfants intéressés par l’électronique l’occasion de voir les différentes pièces qui composent les téléphones, les caméras, les tablettes et d’autres machines », a-t-il précisé.
Sur le plan symbolique, l’œuvre propose une lecture critique du progrès technologique à travers ce corps monumental recomposé à partir des restes matériels d’un monde technicisé.
Selon les milieux artistiques, cette « poétique du déchet » revêt une dimension politique, en mettant en évidence le poids matériel de la modernité technologique supporté par certains espaces, notamment africains.
Avant son exposition actuelle, « Mwasi Mwinda » a également été utilisée dans une production cinématographique de l’artiste et réalisatrice.
La présence de l’œuvre dans un espace muséal vise à assurer sa conservation et à préserver la suite du projet. ACP /JF

