Membres de Bundu Dia Kongo réunis pour commémorer Ne Muanda Nsemi.
Kinshasa, 19 octobre 2025 (ACP).- Le message d’éveil de conscience, consigné dans plus de trois cents ouvrages par Zacharie Badiengila, alias Ne Muanda Nsemi, visionnaire du mouvement Bundu Dia Kongo, a été salué samedi, deux ans après son décès, lors d’une cérémonie tenue à N’djili, dans l’est de Kinshasa, en République démocratique du Congo.
« Cet événement, nous devons le commémorer, bien que ce fût un événement triste. Mais à partir du moment où Ne Muanda Nsemi nous a quittés, il avait déjà accompli une grande mission : éveiller la conscience du peuple congolais en particulier, et du peuple noir en général, à travers le message qu’il a consigné dans plus de trois cents ouvrages, y compris son chef-d’œuvre, le livre sacré de la race noire et de la religion Kongo, Le Makongo. Ne Muanda Nsemi est le continuateur de l’œuvre de Nfumu Kimbangu (…) », a indiqué Phuati Ngoma, directeur chargé des questions politiques, administratives et juridiques de l’ASBL Bundu Dia Kongo (BDK).
« Le travail de Ne Muanda Nsemi est très grand, parce qu’il a accompli une œuvre immense en écrivant et en enseignant. Il a beaucoup influé sur l’éveil de conscience en RDC. Il a écrit sur la politique, la religion et la science ; c’était cela, sa mission. Il a promu l’usage de nos langues africaines dans ses écrits », a-t-il ajouté.
Concernant la portée de ce message d’éveil de la conscience dans l’ancrage politique, Me Phuati a précisé que Ne Muanda Nsemi avait tracé le projet d’une Afrique nouvelle.
« Notamment, il a prôné le fédéralisme pour ce pays et pour toute l’Afrique : c’est la confédération », a-t-il dit.
Et de renchérir : « sur le plan scientifique, Ne Muanda Nsemi voulait que nous puissions valoriser nos traditions pour nous ouvrir à des notions scientifiques que nous avons peut-être perdues. L’homme noir n’est pas en reste : il a la capacité d’inventer comme les autres, mais en retrouvant les chemins de nos ancêtres ».
Bundu Dia Kongo désormais reconnu légalement comme association culturelle en RDC

Une vue des dirigeants de l’ASBL Bundu Dia Kongo (BDK).
Au cours de sa prise de parole, Me Phuati a également sensibilisé les participants sur l’essence même de la structure Bundu Dia Kongo, telle que définie par son visionnaire dès le départ.
« Bundu Dia Kongo est un mouvement culturel à vision globale, qui embrasse les domaines de la science, de la politique et de la religion, en vue de la renaissance de la culture négro-africaine pour l’émergence d’une civilisation moderne adaptée à la mentalité négro-africaine », a-t-il martelé, précisant que ce mouvement, longtemps perçu par plusieurs que sous un seul angle politico-religieux, a franchi une étape significative cette année en obtenant officiellement sa personnalité juridique en tant qu’association culturelle, conformément à ses statuts.
« Comme Ne Muanda Nsemi le définissait bien, BDK est à la fois une école de formation spirituelle, une académie des sciences, et une école de formation des dirigeants politiques, en vue de promouvoir la bonne gouvernance, la conscience nationale et la moralité dans la politique », a-t-il conclu.
Ce mouvement, fondé par Zacharie Badiengila, alias Ne Muanda Nsemi, continue de porter le flambeau de l’éveil culturel et spirituel du peuple Kongo à travers diverses actions éducatives, patrimoniales et sociales. À ce jour, l’association Bundu Dia Kongo est représentée légalement par Mbuta Kitoko Difukidi, reconnu comme son représentant légal. Toutefois, en raison de son âge avancé, c’est Mbuta Mputu Lusembo qui assure les fonctions de Représentant légal faisant fonction, afin de garantir la continuité administrative et la gestion opérationnelle du mouvement.
Décédé le 18 octobre 2023, Ne Muanda Nsemi, de son vrai nom Zacharie Badiengila, était un intellectuel congolais, enseignant de sciences, chef de laboratoire et deux fois député national. Écrivain prolifique et leader du mouvement Bundu Dia Kongo, il portait le titre spirituel de Nlongi’a Kongo Ne Mankandala.ACP/C.L.

