Kinshasa, 2 août 2026 (ACP)- La préservation des archives est d’une nécessité majeure pour constituer la mémoire des millions de victimes des violences qui ont meurtri la République démocratique du Congo (RDC), a signifié dimanche le ministère congolais de la culture, à l’occasion de la commémoration de la Journée nationale du Génocost.
« Se souvenir n’est pas seulement se recueillir. C’est un travail de mémoire. Recueillir les témoignages, préserver les archives, transmettre par les œuvres et le patrimoine, c’est refuser que ces vies soient réduites à un chiffre. En cette Journée nationale du Génocost, le Ministère de la Culture, Arts et Patrimoine s’incline devant la mémoire des millions de victimes des violences qui ont meurtri la RDC et profondément marqué sa mémoire collective », a-t-on lu dans le message du ministère.
« Le peuple congolais se souvient. Il demeure uni dans sa quête de vérité, de justice et de paix », a-t-il ajouté.
Dans le même ordre idée, Pauline M’pongo, diplomate congolaise au bureau de la RDC à l’Uneso, a soutenu une initiative par le pays d’inscrire le génocide (Genocost)congolais dans la politique publique mémorielle.
Une mémoire collective comme patrimoine mondial
Dans sa réflexion à haute voix, elle démontre que cette politique permettra au pays de mettre en place un cadre juridique solide, des institutions dédiées, des plans de gestion, des archives, une collecte méthodique des témoignages des survivants, des auteurs, des Justes et des anciens, ainsi qu’un important travail scientifique de documentation et de conservation. « Cette inscription repose donc sur une démonstration rigoureuse, bien plus que sur une simple reconnaissance morale », a dit Mme Lady Pauline.
Pour la diplomate, il est important d’authentifier et répertorier les sites auxquels les violences ont été commises, conformément à la réalité de l’histoire. L’authenticité se construit aussi à travers les récits, les archives, les témoignages et les preuves qui permettent de transmettre une mémoire fidèle des événements», a indiqué la diplomate.
Et de rappeler : « Plusieurs lieux en RDC portent encore les traces matérielles de massacres et de conflits. Ils pourraient faire l’objet d’un travail de documentation, de protection, de conservation et de transmission, dans une approche patrimoniale qui viendrait renforcer le travail de mémoire et de justice ».
Pour ce cas de Genocost, soutient-elle, notre pays poursuit son plaidoyer pour la reconnaissance des violences de masse subies par les populations congolaises. « Au-delà du plaidoyer politique et juridique, elle montre que la mémoire peut aussi se construire, se transmettre et se protéger à travers les outils du patrimoine », a martelé Lady Pauline M’pongo.
Pour elle, cette réflexion paraît d’autant plus pertinente que, depuis décembre 2025, la RDC siège au Comité du Deuxième Protocole de 1999 relatif à la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Par ailleurs, les équipes techniques nationales poursuivent actuellement un important travail de renforcement des capacités sur les méthodologies d’inventaire du patrimoine immobilier culturel (via le CCN). Et de conclure : « Ces dynamiques constituent, me semble-t-il, un contexte favorable pour approfondir la réflexion sur la place du patrimoine dans les politiques de mémoire ».
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