Kinshasa, 15 octobre 2026 (ACP).- La tenue du spectacle « La Poetasse », de la slameuse Médiatrice Komayombi le 24 octobre au Foyer culturel de Goma, dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, ayant abordé l’émancipation féminine et la résilience, a été confirmée jeudi par l’artiste dans un échange avec l’ACP.
«A travers mon spectacle je voudrai sensibiliser sur l’émancipation féminine et la résilience. Actuellement, la RDC manque de figures féminines de premier plan dans le slam à cause des difficultés auxquelles les femmes artistes sont confrontées pour s’imposer dans le paysage culturel congolais », a déclaré Médiatrice Komayombi.
Selon elle, l’accès limité aux financements, la précarité de l’industrie culturelle locale, les préjugés liés au genre et l’insécurité figurent parmi les principaux obstacles à la visibilité des slameuses et des poétesses, particulièrement dans la province du Nord-Kivu.
Malgré ces contraintes, l’artiste constate une évolution du slam féminin, portée par des femmes qui s’investissent dans cette discipline et par un public de plus en plus intéressé par leurs créations.

À Goma, le slam et la poésie orale offrent également aux femmes un moyen de s’exprimer librement, d’affirmer leur identité et de dénoncer les violences de genre ainsi que les injustices sociales.
« Par la force de leur voix et de leurs textes, elles échangent avec le public, brisent le silence imposé par le patriarcat et se réapproprient leurs récits », a-t-elle expliqué.
Concernant l’accompagnement des jeunes talents, Médiatrice Komayombi considère le Foyer culturel de Goma comme un espace favorable à la créativité et à l’expression artistique, indépendamment du genre.
« C’est un espace qui ne voit pas les genres mais l’artiste et son talent », a-t-elle souligné.
Écrit principalement en français, le spectacle « La Poetasse » vise à toucher un public au-delà de Goma, notamment à l’échelle nationale, régionale et internationale.
Pour la slameuse, la création artistique représente également un moyen de donner du sens aux expériences vécues dans un environnement marqué par les difficultés sociales et sécuritaires.
« Pour moi, jeune femme de Goma, le slam et l’art en général sont des chemins de guérison, de compréhension de mon vécu et de résilience », a-t-elle confié. ACP / So

