Lubumbashi, 18 septembre 2025 (ACP).- La transmission et la substitution progressive des langues autochtones par le swahili au Grand Katanga, en République démocratique du Congo, ont trouvé leur origine dans les échanges commerciaux, les caravanes de l’Est et l’essor minier, a appris l’ACP jeudi dans un échange avec un historien.
« Le swahili n’a pas été une langue étrangère imposée, il s’est imposé comme outil pratique de communication et de commerce, remplaçant peu à peu certaines langues locales dans les zones urbaines », a déclaré Félix Kiluya, chercheur indépendant spécialisé en histoire contemporaine du Katanga.
«Au milieu du XIXᵉ siècle, des caravaniers nyamwezi et des marchands venus du Tanganyika et de Zanzibar, traversaient le lac Tanganyika et le lac Mweru pour commercer à Bunkeya, foyer du royaume Yeke de Msiri. Ce contact précoce ouvrit la voie à l’apprentissage du swahili par les populations locales, soucieuses de faciliter leurs échanges», a-t-il expliqué.
Il a par ailleurs, fait savoir qu’avec la création de Lubumbashi en 1910 et le développement des mines, le besoin de communication entre travailleurs venus d’horizons différents a renforcé l’usage du swahili comme langue commune dans les cités minières, les marchés et les services.
Selon Félix Kiluya, aujourd’hui, le swahili dans sa variante locale kingwana s’est enraciné dans la vie quotidienne, les médias et la culture, devenant le principal pont linguistique entre ethnies, générations et cultures au Grand Katanga.
Félix Kiluya, est un spécialiste de l’histoire contemporaine du Katanga, passionné par la valorisation du patrimoine culturel et historique de sa région. À travers ses recherches et publications, il s’engage à faire connaître les richesses du Katanga au Congo et à l’international. ACP/JF

