Lubumbashi, 05 octobre 2026 (ACP). – une exposition photographique dénommée ‘‘Kakibaruki’’, consacrée aux tresses africaines comme vecteur d’identité et de mémoire s’est tenue à Lubumbashi, province du Haut-Katanga dans le sud-est de la République démocratique du Congo, selon une restitution des organisateurs lundi à l’ACP.
« C’est un projet trouve son origine dans un souvenir d’enfance lié aux coiffures imposées à l’école, notamment les tresses réalisées sans mèches. À partir de cette expérience intime. Je questionne les normes, l’esthétique et la construction de l’identité, car les tresses ne sont pas seulement une coiffure. Elles constituent un véritable langage », a déclaré Ruth Mpombo, artiste visuelle et actrice culturelle, lors de ladite exposition qui se veut une œuvre explorant les tresses africaines comme un espace de mémoire, d’identité et de transmission culturelle à Lubumbashi.
Elle a, par ailleurs souligné que, les tresses racontent des histoires, transmettent des savoirs et préservent des traces de génération en génération. Historiquement, elles permettaient notamment d’indiquer l’âge, le statut social ou encore l’appartenance communautaire.
« Elles sont des archives vivantes inscrites dans les corps. Mais elles ont également été marquées par l’histoire coloniale et l’esclavage, qui ont tenté de les effacer ou de les contrôler », a fait savoir Mme Mpombo.
« Malgré ces tentatives, les tresses ont perduré et sont devenues des formes de résistance et de réappropriation culturelle. Dans ce projet, la photographie devient un outil de mémoire. « Kakibaruki » propose ainsi les tresses comme archives vivantes à la fois esthétiques, politiques et mémorielles », a précisé Ruth Mpombo.
Le photographe Chris Mizangi a, pour sa part présenté l’exposition comme « Racines vivantes », dans laquelle il a établi, à travers des portraits de personnes portant des dreadlocks, un parallèle entre cheveux et racines. Dans ses œuvres, des formes végétales réalisées au moyen de fils tricotés émergent des chevelures comme de jeunes pousses, symbolisant la vie qui naît de nos racines ainsi que la manière dont nous les transformons, les reconstruisons et les portons.
« Entre naturel et artificiel, héritage et création, chaque regard photographié devient un point d’ancrage, une présence qui s’affirme », a conclu Chris Mizangi.
ACP/ K./MUD

