Kinshasa, 24 Août 2015 (ACP).- Lundi 25 août 2025, la République démocratique du Congo célèbre les 91 ans d’âge d’un monument de la musique congolaise : »Jeannot Bombenga Wewando », figure emblématique de la rumba et témoin vivant de l’évolution artistique du pays depuis les années 1950.
Né le 25 août 1934 dans la province de l’Equateur, Jeannot Bombenga incarne à lui seul l’élégance, la rigueur musicale et l’enracinement culturel.
Fondateur du célèbre groupe « Vox-africa », il s’est illustré par une musique alliant la tradition congolaise, les influences cubaines et l’engagement social. Il est notamment connu pour ses chansons » Lolango, Mado, Bébé ya Jeannot et Mobali ya mbuke » ou encore » Marie Hélène », titres devenus des classiques et demeurant à jour.
Bombenga a côtoyé les plus grands : Franco, Grand Kallé, Rochereau, mais a su garder une identité propre, marquée par la discipline orchestrale et des textes profonds.
Malgré son âge avancé, il reste un symbole de cohérence artistique et de transmission culturelle. À travers son parcours, Jeannot Bombenga a toujours rappelé à la jeunesse congolaise que la musique est aussi un outil d’éducation, de résistance et de mémoire.
Plusieurs générations d’artistes le reconnaissent comme maître, modèle et patriarche de la rumba.
En ce jour spécial, le peuple congolais rend hommage à cet ambassadeur de la musique, dont le parcours dépasse les frontières du Congo.
Sa longévité artistique et humaine est un patrimoine vivant qui a fait que son nom reste gravé à jamais dans l’histoire culturelle de l’Afrique.
91 ans de sagesse et de musique active
Au regard de sa fulgurance dans la belle épopée sur l’arène musicale congolaise, Bombenga est resté réputé comme l’un des piliers de la rumba congolaise, chanteur et compositeur très prolixe.
A son actif, plus de deux cent cinquante chansons ont connu un grand succès sur le marché musical congolais et mondial.
Fatigué par le poids de l’âge (91 ans) et terrassé par la maladie, Jeannot Lolango a mis fin à sa carrière en 2019 à l’issue d’un concert d’adieu.
Il avait plaidé sa cause en ces termes à cette occasion : « C’est maintenant que j’ai besoin des hommages, après ma mort ce sera inutile, j’ai fait mon temps dans la musique. Cet art a fait de moi une icône, une personnalité de mon pays. J’ai écrit et chanté de très belles chansons qui sont des références dans le répertoire de la rumba congolaise« .
« Dieu m’a fait grâce de vivre jusqu’à cet âge, l’heure a sonné pour laisser aussi la place aux jeunes de continuer le travail là où nous nous sommes arrêtés« , avait-il ajouté.
Bombenga avait conclu : » Mon vœu le plus ardent est que je sois si possible honoré avant ma mort et non à titre posthume. Etant seul et unique survivant de ma génération, je serais encore plus ravi si l’on peut dresser un monument pour moi et pour la postérité ».
Ancien batelier à l’instar de son prédécesseur Wendo Kolosoy et passionné de musique, Jeannot a commencé à s’intéresser à la musique à l’âge de 23 ans. Il a fondé le groupe Vox Africa avec Franklin Boukaka,(de la République du Congo) après la dislocation en 1959 de l’orchestre Jazz Africa, auquel il appartenait aux côtés du clarinettiste Edo Clary.
Vox Africa, qui signifie « La voix de l’Afrique », devient rapidement un groupe remarquable avec la participation des artistes Sam Mangwana, Ntesa Nzitani Dalienst, Marcel Loko Massengo Djeskain, Nedulé Papa Noël, Souza Kasseya, et bien d’autres. ACP/C.L.

