Kinshasa, 11 octobre 2026 (ACP). – Les trois principales barrières freinant l’émergence des femmes dans le cinéma en République démocratique du Congo, ont été évoquées par une professionnelle du secteur, appelant à une meilleure prise en compte de leur contribution au rayonnement du septième art congolais, lors d’un échange dimanche avec l’ACP.
« Je dirais que les trois principales barrières qui freinent la femme congolaise dans le cinéma, sont l’accès au financement, le manque de considération et la difficulté de faire reconnaître la valeur de son travail », a déclaré Nancy Adjani, comédienne et réalisatrice.
Selon elle, porter un projet exige d’énorme sacrifice surtout quand il s’agit du financement.
« Porter un projet cinématographique en RDC demande énormément de sacrifices. On peut avoir une bonne histoire, une vision claire et une équipe compétente, mais sans moyens financiers, le projet reste sur papier. En tant que femme productrice, il faut parfois fournir un double efforts pour convaincre les partenaires de croire en sa vision », a-t-elle fait savoir.
Concernant la considération accordée aux femmes, la comédienne a évoqué la nécessité de prouver constamment ses capacités.
« Dans ce métier, la femme doit d’abord prouver qu’elle est capable avant que l’on accepte de prendre son projet au sérieux. Il faut constamment démontrer sa compétence, sa capacité à diriger et à prendre des décisions. Cette obligation permanente de se justifier peut s’avérer épuisante », a fait remarquer la cinéaste.
Pour ce qui est de la reconnaissance du travail, la comédienne a souligné que, la visibilité ne suit pas toujours l’effort fourni.
« On peut travailler pendant des années, prendre des risques, produire des œuvres et contribuer au développement du secteur, mais la reconnaissance professionnelle ne suit pas toujours. Il faut se battre pour que son travail soit visible, que ses projets soient considérés et que son expertise soit respectée », a-t-elle renchéri.
Elle a, par ailleurs estimé que, ces difficultés ne constituent pas une fatalité.
« Ce ne sont pas des fatalités. Il faut simplement continuer à se professionnaliser. Le plus grand défi, en tant que femme, est de contribuer à construire un environnement dans lequel les femmes n’auront plus à se battre doublement pour être reconnues », a-t-elle conclu.
Connue notamment pour son long métrage ‘‘Adjani’’ (2021) primé dans plusieurs festivals africains, Nancy Adjani a été distinguée d’un Prix d’Excellence lors de la clôture du Festival du cinéma du Haut-Katanga, à Lubumbashi, le 03 octobre 2026. ACP/S

