Kinshasa : Benji 4 et compagnie transforment le rire en médicament pour les travailleurs (un participant)

Kinshasa, 2 mai 2026 (ACP).- Le spectacle d’humour “ Qui rit guérit ”, présenté dans la nuit de vendredi à samedi  à Kebo Palace, dans la commune de  Limete, à Kinshasa en République démocratique du Congo, a été salué comme un “ traitement thérapeutique ” pour les travailleurs congolais, a indiqué, a constaté.

« J’ai vu des gens entrer pliés en deux par la semaine. Dos voûtés, mâchoires serrées. Ils sont ressortis debout. Le dos droit. La bouche ouverte, mais pour sourire. Ce n’était pas un spectacle. C’était une séance de kiné collective », a décrit Daniel Bila, encore secoué.

Produit par AEL Dikisha Group, le plateau réunissait Ken Guelord, Florent Mungengo, Hervé Lokwa et Bob Kayemba.

Dans cette salle de Limete devenue trop petite pour contenir les éclats de rire, l’objectif affiché par les organisateurs en amont était clair : offrir un espace de respiration aux travailleurs kinois, dans une ville où la pression professionnelle use les corps.

 « Les gens ne sont pas venus voir des blagues. Ils sont venus chercher de l’air. Quand j’ai vu cette marée de visages fatigués se transformer en une seule vague de rires, j’ai compris : on ne joue pas. On répare. Kinshasa nous a donné sa douleur, on lui a rendu sa légèreté. Merci pour cette confiance. C’est vous qui avez fait le médicament », a lancé l’humoristes, Florent Mungengo, avec une  voix chargée d’émotion.

« Dès les premières minutes, Benji4 a mis le scalpel dans nos plaies. Les embouteillages, les chefs toxiques, la paie qui n’arrive jamais. Il a nommé tout ce qu’on tait. Et la salle a craqué. Pas un rire poli. Un rire qui arrache. J’ai vu un homme en costume s’effondrer sur son voisin, plié en deux, les larmes aux yeux. Il n’était pas triste. Il se vidait. C’est ça, la médecine dont on parle », a raconté Daniel Bila.

Sur scène, Benji4 a raconté la vie difficile des bureaux, comme elle est mais sans se moquer méchamment des gens.

« Il ne se moque pas de nous. Il se moque avec nous. Quand il a imité le taximan qui négocie chaque mètre, tout Limete était dans la salle. On s’est reconnus, on s’est pardonnés, et on a ri de nous-mêmes. C’est violent et c’est doux. Ça débloque quelque chose dans le sternum », a détaillé M. Bila.

Slameur habitué à mettre des mots sur la colère, Daniel Bila s’est dit désarmé. « Moi, je travaille avec la douleur. Je la sculpte, je la crie. Lui, il la dissout. Quand il a joué le père de famille qui ment à ses enfants le 25 du mois, j’ai senti mon ventre se nouer. Puis tout le monde a explosé de rire. Mon nœud s’est défait avec. Ma nuque, bloquée depuis la dernière grève, s’est relâchée. Physiquement. Je n’invente rien. Mon corps a pris une douche chaude », a-t-il confié à l’ACP. ACP/

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