Kinshasa, 27 décembre 2025 (ACP) – Le centre culturel « Boya Toyekola », qui initie gratuitement des enfants de 6 à 15 ans à l’instrument de percussion (batterie), a été présenté samedi comme une pépinière de nombreux talents urbains, lors de la célébration de son 7ᵉ anniversaire à Ndjili, dans l’est de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).
« Depuis 2018, nous obtenons des résultats positifs : les enfants du centre “Boya Toyekola” (Venez apprendre) sont présents dans plusieurs églises de Kinshasa et des provinces. Ils évoluent dans des groupes d’adoration et accompagnent divers artistes dans leurs projets musicaux à travers la ville de Kinshasa », a déclaré le percussionniste Jonas Muwenge, initiateur dudit centre de formation.
Selon lui, les élèves issus de son centre démontrent une maîtrise de la batterie sur les plans technique, de l’accompagnement et de l’indépendance.
« Aujourd’hui, grâce au centre Boya Toyekola, les jeunes Congolais admirent moins les performances des délinquants, communément appelés “kuluna” ; ils préfèrent venir au centre pour apprendre la batterie, comme les autres enfants », s’est-il réjoui.
Malgré sept ans d’existence, le centre « Boya Toyekola » a fait face à des défis logistiques persistants, d’après son fondateur.
« L’absence d’une adresse fixe (achat d’une parcelle), l’insuffisance de matériel, le manque de moyens de transport pour les instruments (achat d’un véhicule) et les difficultés de financement », a-t-il énuméré, précisant que la structure a néanmoins évolué grâce à des opportunités clés.
Concernant ses attentes envers les autorités pour les sept prochaines années, Steroy a formulé des demandes précises au gouvernement congolais.
« Un financement concret pour équiper le centre de 20 batteries et sécuriser un espace dédié. Nous attendons du gouvernement congolais un soutien favorable au bénéfice des jeunes Congolais. Cela orientera la jeunesse vers l’entrepreneuriat plutôt que vers la mendicité », a plaidé le batteur professionnel, insistant sur l’enjeu de la formation des talents urbains.
La batterie décrite comme « cerveau moteur » de l’intelligence enfantine
La batterie, qualifiée de « cerveau moteur » par Steroy, est perçue comme un instrument qui développe spécifiquement l’intelligence et la réflexion des enfants.
« Quand un tout-petit bouge librement sur une musique ou découvre le son d’un instrument, cela favorise son expression artistique. L’enfant développe aussi son imagination en inventant des rythmes », a-t-il expliqué.
Cette technique fondamentale du rythme, selon le percussionniste Steroy, fonctionne comme une formule mathématique.
« Compositions rythmiques, calculs de mesures, réflexion infinie (…). Elle exige une indépendance corporelle qui prévient certaines pathologies précoces et élargit les capacités intellectuelles ».
« Un enfant batteur saura résoudre des équations sur le plan intellectuel (école, université) et sur le plan sociétal (famille, environnement) », a conclu Steroy, soulignant l’impact global de cette discipline.
Jonas Muwenge Elonga, alias Steroy Drums, initié à la batterie dans une église locale, dirige le centre « Boya Toyekola ». Collaborateur d’artistes tels que Yekima, Shongo ou Wakanda, le batteur congolais est également l’initiateur du festival « Beta to bina » (Joue, on va danser), dédié à la promotion des batteurs de Kinshasa.
ACP/C.L.

