Kinshasa, 30 octobre 2025 (ACP).- Le domaine de l’art a été présenté, mercredi, comme un moyen de briser le silence dans une communauté, lors d’une conférence d’échange dans le cadre de l’initiative «Congo week» organisée par le centre culturel Andrée Blouin à Kinshasa, en République démocratique du Congo.
«L’art est un moyen de briser le silence, dans un pays ou dans une communauté. C’est pourquoi à travers cette conférence portant le thème central : » Brisons le silence à travers l’art et la culture », les artistes ont démontré, partant de leurs œuvres, comment justement briser ce silence de l’injustice sociale et autres», a déclaré Pascal Muteba, administrateur du Centre culturel Andrée Blouin.
Chaque année, Congo Week constitue un moment de mobilisation autour des réalités vécues par le peuple congolais. L’édition 2025, placée sous le thème «Brisons le silence», vise à créer un espace d’expression et de réflexion collective pour dénoncer les injustices sociales et offrir une tribune aux voix marginalisées qui, depuis longtemps, sont réduites au silence dans le débat public.
Selon lui, en RDC, les inégalités sociales, les violences basées sur le genre, la pauvreté persistante, les conflits armés et la marginalisation de nombreuses communautés constituent des réalités quotidiennes. Ainsi face à ces défis, l’art et la culture se présentent comme des outils puissants de résistance, de plaidoyer et de reconstruction du tissu social.
Il a soutenu que les artistes congolais devraient donc jouer un rôle essentiel pour porter la voix des sans-voix, raconter les histoires invisibilisées et inspirer le changement à travers l’art et le culture.
Briser le silence à travers les œuvres d’art
Dans la même occasion, les artistes dessinateurs présents ont exposé leurs œuvres et ont expliqué tour à tour aux participants les significations liées à ces œuvres.
Pour Mme Raphaela Anakasala, artiste dessinatrice, les victimes n’ont peut-être pas les moyens de s’exprimer mais à travers les artistes, leur voix peut être entendue.
«Nous artistes, nous ne devons pas faire comme tout le monde, alors que les autorités et autres se taisent. Nous devons nous lever, ce qui se passe à l’Est est un combat pour tout Congolais», a-t-elle affirmé.
De son côté, Yves Mponzo, opérateur culturel, a appelé à reconnaître sa culture pour mieux briser le silence.
«Quand tu ne sais pas reconnaître ta culture c’est très difficile de communiquer et de briser le silence. Le plus important, il faut d’abord reconnaître qui nous sommes, avant de briser le silence. On est là pour briser le silence mais en respectant notre identité, notre culture», a-t-il lancé. «Les artistes se sont concentrés ailleurs au lieu de voir l’essentiel. Si on se tait aujourd’hui l’Afrique va se perdre», a-t-il ajouté. ACP/JF

