Kinshasa, 30 octobre 2025 (ACP).- Un plaidoyer pour l’inscription de la mine de Shinkolobwe, situé dans le Haut-Katanga, (au sud-est de la République démocratique du Congo), au patrimoine mondial de l’UNESCO, a été lancé, jeudi à Kinshasa par un historien, en vue de sa sauvegarde et de sa transformation en un lieu de mémoire.
«Shinkolobwe est un lieu chargé d’histoire mondiale. C’est de là que fut extrait l’uranium utilisé pour fabriquer les bombes d’Hiroshima et Nagasaki. Le classement de Shinkolobwe au patrimoine mondial de l’UNESCO peut le préserver contre l’oubli et la destruction. Ensuite la valorisation touristique et éducative, car Shinkolobwe peut devenir un lieu de mémoire, un musée vivant. Enfin, la reconnaissance internationale, qui donne du poids à notre mémoire collective», a déclaré Félix Kiluya, chercheur en histoire contemporaine.
«Oublier, c’est laisser effacer notre contribution à l’histoire mondiale. Il ne s’agit pas de glorifier la bombe, mais de reconnaître que nos terres, nos ressources et notre main-d’œuvre ont changé le cours de l’humanité. Il est temps que le Katanga reprenne la parole sur sa propre histoire», a-t-il ajouté.
Pour lui, ce site ne doit pas être réduit à sa valeur minérale, mais reconnu comme un témoin silencieux d’une histoire mondiale et locale encore trop peu racontée.
«La pierre n’est jamais muette. Shinkolobwe parle à qui sait l’écouter. Elle raconte l’histoire des mineurs katangais oubliés, de la science, de la guerre, mais aussi de l’injustice. Et elle nous pousse à réconcilier notre passé avec notre avenir», a dit Felix Kiluya.
Dans un appel vibrant à la responsabilité collective, l’historien souligne l’importance pour les Congolais de se réapproprier leur récit national et de transmettre une mémoire enracinée en disant : « Ne laissez personne écrire votre histoire à votre place. Connaitre son passé, c’est bâtir une identité forte. Ce plaidoyer n’est pas pour moi ; il est pour vous, pour demain».
Félix Kiluya est un chercheur en histoire contemporaine du Katanga, en République démocratique du Congo. Passionné par les enjeux de mémoire et de transmission, il mène un combat de longue haleine pour faire reconnaître la mine de Shinkolobwe comme un site d’importance mondiale.
À travers son plaidoyer pour son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO, il cherche à réhabiliter la dimension historique, culturelle et géostratégique du Katanga, longtemps ignorée ou marginalisée, et à ancrer cette mémoire dans la conscience nationale et internationale. ACP/JF

