Kinshasa, 8 août 2026 (ACP). – La valorisation et la signification des lieux de mémoire liés aux deux guerres mondiales ont été mises en lumière samedi comme l’héritage de la Force publique dans le patrimoine urbain de Kinshasa, en République démocratique du Congo, par un expert consultant en tourisme, lors d’un entretien avec l’ACP.
« Beaucoup de Congolais connaissent par cœur les noms des avenues et rues Assossa, Birmanie, Gambela, Kitega, Saïo, etc. Certains y ont vécu ou y sont même nés », a relevé Médard Tambwe, expert en tourisme, soulignant que de nombreux quartiers et camps militaires à travers la RDC portent encore des noms liés aux campagnes militaires de la Force publique.
Selon cet expert, ces dénominations constituent notamment des témoignages de la bravoure des troupes belgo-congolaises, regroupées au sein de la Force publique, engagées aux côtés des Alliés contre les forces allemandes en Afrique orientale, au Tanganyika et au Rwanda-Urundi, ainsi que contre les forces italiennes en Éthiopie et japonaises en Birmanie, durant les deux conflits mondiaux de 1914-1918 et de 1939-1945.
Médard Tambwe Mangala a précisé que les explications développées au cours de cet entretien sont tirées d’un extrait de l’un de ses ouvrages intitulé « Métropole aux mille visages, mise en tourisme d’une destination en émergence », publié aux Éditions OCM Kin en 2025.
Des rues qui racontent l’histoire
Pour le consultant, les rues et avenues portant les noms de Dodoma, Kitega, Kilosa, Mahenge, Usoke, entre autres, sont principalement liés à la Première Guerre mondiale. Elles sont implantées dans les anciennes communes de Kinshasa, notamment Kinshasa, Barumbu et Lingwala.
En revanche, les noms Assossa, Birmanie, Gambela et Saïo renvoient davantage aux campagnes de la Seconde guerre mondiale. Ils sont notamment présents dans la partie de la ville correspondant à la nouvelle cité, particulièrement dans les communes de Kasa-Vubu et Ngiri-Ngiri.
« La Force publique, qui concerne les deux guerres, n’était autre que l’appellation des forces armées du Congo belge », a rappelé l’expert.
Le mémorial des anciens combattants, un lieu de mémoire
Il a, par ailleurs évoqué le mémorial des anciens combattants situé à Kinshasa, au rond-point des avenues Force publique et Gambela, dans la commune de Kasa-Vubu.
Ce site historique, situé à proximité du Home des anciens combattants et du marché Gambela, constitue un espace de recueillement et de rassemblement destiné à honorer la mémoire des militaires ayant participé aux anciennes campagnes de la Force publique.
Le mémorial accueille notamment des cérémonies officielles de commémoration liées à l’armistice du 11 novembre 1918, qui a mis fin aux combats de la Première Guerre mondiale. À l’occasion des journées commémoratives, des officiels déposent traditionnellement des gerbes de fleurs en hommage aux anciens combattants.
Pour le consultant, ces lieux de mémoire méritent une attention particulière, car ils permettent de mieux comprendre la portée des événements qui ont plongé le monde dans des conflits caractérisés par une violence de masse à une échelle sans précédent.
Faire connaître l’épreuve nationale
M. Tambwe a estimé qu’il est nécessaire de mettre davantage en évidence l’épreuve nationale vécue par le Congo belge, en montrant les répercussions des deux guerres mondiales sur le territoire et les populations congolaises.
Il préconise notamment de valoriser l’ancrage de ces conflits dans le patrimoine et le paysage urbain de Kinshasa, à travers le Home des anciens combattants de Kasa-Vubu, le mémorial situé au rond-point Force publique-Gambela, ainsi que l’identification des nombreuses avenues et rues dont les noms sont directement liés aux campagnes militaires des deux guerres. ACP/Le/LZN

