Kinshasa, 9 août 2026 (ACP).- La valorisation et la signification des lieux de mémoire liés aux deux guerres mondiales ont été mises en lumière samedi par un expert consultant en tourisme, qui les considère comme héritage de la Force publique dans le patrimoine urbain de Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC).
« Beaucoup de Congolais connaissent par cœur les noms des avenues et rues telles que Assossa, Birmanie, Gambela, Kitega, Saïo, Khartoum (…). Certains y ont vécu ou y sont même nés. Ces noms portent derrière chacun une histoire qui devra être enseignée aux enfants et surtout aux touristes qui visitent nos musées à Kinshasa. Cette façon permettra de valoriser ces grandes avenues historiques de Kinshasa qui sont des patrimoines mémoriels du pays », a relevé Médard Tambwe, expert en tourisme.
Toutefois, il a également fait savoir que de nombreux quartiers et camps militaires à travers la RDC portent encore des noms liés aux campagnes militaires de la Force publique congolaise.
Selon l’expert, ces dénominations constituent notamment des témoignages de la bravoure des troupes belgo-congolaises, regroupées au sein de la Force publique, engagées aux côtés des Alliés contre les forces allemandes en Afrique orientale, au Tanganyika et au Ruanda-Urundi, ainsi que contre les forces italiennes en Éthiopie et japonaises en Birmanie, durant les deux conflits mondiaux de 1914-1918 et de 1939-1945.
Des rues qui racontent l’histoire
Pour le consultant, les rues et avenues portant les noms de Dodoma, Kitega, Kilosa, Mahenge, Usoke, entre autres, sont principalement liées à la Première Guerre mondiale. Elles sont implantées dans les anciennes communes de Kinshasa, notamment Kinshasa, Barumbu et Lingwala.
« En revanche, les noms Assossa, Birmanie, Gambela et Saïo renvoient davantage aux campagnes de la Seconde Guerre mondiale. Ils sont notamment présents dans la partie de la ville correspondant à la nouvelle cité, particulièrement dans les communes de Kasa-Vubu et Ngiri-Ngiri », dit-il.
Et d’ajouter : « (…) La Force publique, qui concerne les deux guerres, n’était autre que l’appellation des forces armées du Congo belge ».
Le mémorial des anciens combattants, un lieu de mémoire
L’expert a aussi évoqué le mémorial des anciens combattants situé à Kinshasa, au rond-point des avenues Force publique et Gambela, dans la commune de Kasa-Vubu.
Ce site historique, situé à proximité du Home des anciens combattants et du marché Gambela, explique-t-il, constitue un espace de recueillement et de rassemblement destiné à honorer la mémoire des militaires ayant participé aux anciennes campagnes de la Force publique.
Le mémorial accueille notamment des cérémonies officielles de commémoration liées à l’armistice du 11 novembre 1918, qui mit fin aux combats de la Première Guerre mondiale. À l’occasion des journées commémoratives, des officiels déposent traditionnellement des gerbes de fleurs en hommage aux anciens combattants.
« Ces lieux de mémoire méritent une attention particulière, car ils permettent de mieux comprendre la portée historique des événements qui ont plongé le monde dans des conflits caractérisés par une violence de masse à une échelle sans précédent », a recommandé le consultant.
Faire connaître l’épreuve nationale
Pour l’expert, il est nécessaire de mettre davantage en évidence l’épreuve nationale vécue par le Congo belge, en montrant les répercussions des deux guerres mondiales sur le territoire et les populations congolaises.
Médard Tambwe Mangala a précisé que les explications développées au cours de cet entretien sont tirées d’un extrait de l’un de ses ouvrages intitulé ‘‘Métropole aux mille visages, mise en tourisme d’une destination en émergence’’, publié aux Éditions »OCM Kin » en 2025. ACP/ÉL/DJ

