Kinshasa, 25 avril 2026 (ACP).- La nécessité de promouvoir la lecture et de bâtir une véritable industrie du livre en République démocratique du Congo a été soulignée samedi à Kinshasa par le président de l’Association des bouquinistes du Congo (ABC), en marge de la Journée internationale du livre.
« Le livre est une pensée scientifique et philosophique qui contribue à l’épanouissement et au développement du monde », a déclaré M. Bertin Kabamba Yebeni, bouquiniste et président de l’ABC, estimant que « le secret de la lecture du livre est une priorité indispensable ».
Selon lui, « lire ce n’est ni luxe ni nécessité, mais une culture scientifique et philosophique qui contribue au développement du Congo », appelant à une prise de conscience collective sur l’importance de la lecture dans la société congolaise.
Évoquant les origines du livre, il a rappelé que « la Bible est le premier livre en 1450 » et a cité l’adage « nul n’est prophète chez soi » pour illustrer le manque de valorisation des œuvres locales.
Sur la question de l’industrie du livre, M. Kabamba a estimé que « ce n’est pas seulement le marché du livre qui peut devenir une vraie industrie, mais plutôt notre pays doit faire une industrie du livre pour garder l’authenticité des œuvres scientifiques et léguer un héritage à l’avenir ».
Abordant les difficultés du secteur, il a déploré que « les écrivains congolais ne sont pas subventionnés par l’État », tandis que « les intérêts commerciaux des bouquinistes et libraires ne sont pas rentables », évoquant ainsi des obstacles majeurs au développement du livre en RDC.
Face à ces défis, il a recommandé que « l’État congolais mette les moyens matériels et financiers pour créer des bibliothèques publiques à travers les communes, provinces et territoires », ainsi que dans les établissements scolaires, afin de « cultiver le secret de la lecture ».
Par ailleurs, il a plaidé pour que l’État « protège les acteurs du livre sans distinction » et « subventionne ces acteurs qui contribuent largement au développement du pays ».
Il a également suggéré la création « des espaces de lecture et des événements scientifiques et scolaires tels que ‘Question pour un champion’, fête du livre ou foires aux livres », tout en appelant à « éviter les tracasseries administratives » dans le secteur.
Cette prise de parole s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée internationale du livre, consacrée à la promotion de la lecture, de l’édition et des droits d’auteur à travers le monde. ACP/C.L.

