Kinshasa-18 mai 2026 (ACP)- intitulés : « Libre de ma liberté » et « Le cycle électoral : Éternel chantier en République démocratique du Congo ? », les deux ouvrages du couple du journaliste congolais, Willian Kalengayi ont été portés sur les fonds baptismaux par le ministre de la Communication et Medias, Patrick Muyaya, au cours d’une cérémonie de vernissage organisée, samedi 16 mai 2026, à l’hôtel Memling de Kinshasa.
Prenant la parole lors de cette cérémonie, le député national et ancien journaliste, Erick Tshikuma, a relevé la différence entre ces deux livres par leur forme, leur ton et leur point de départ.
« Ces deux livres sont différents par leur forme, par leur ton, par leur point de départ. Mais, ils se rejoignent dans une même exigence : comprendre pour transmettre, éclairer pour servir, écrire pour répondre à une responsabilité. L’un part d’une vie pour rejoindre une nation. L’autre part d’une institution pour interroger une République. L’un porte la mémoire d’un homme libre. L’autre ausculte les fondations d’une démocratie en construction », a expliqué M. Tshikuma. À l’en croire, ces deux œuvres rappellent une vérité essentielle : « aucune liberté durable ne vit sans institutions solides, et aucune institution digne ne demeure vivante sans conscience libre », a-t-il souligné.
Dans son livre : « Libre de ma liberté », William Albert Kalengayi écrit : « Cette poussière n’était pas seulement un résidu industriel ; c’était le témoignage tangible que notre destin était intimement lié à l’acte d’extraire, de creuser, de chercher ce qui est caché. »
Pour le député Erick Tshikuma, les trois repris dans la citation « Chercher, Creuser, Révéler », traduisent une vocation. Et lorsque l’auteur écrit: « Kolwezi est ma mémoire vivante », M. Tshikuma note que « ce livre ne retourne pas au passé par nostalgie, mais pour y puiser une source de vérité ». Il pense que, cette fidélité à la mémoire trouve un écho profond dans la démarche de Liliane Bibombe Oseka Mwembia, auteure de « Le cycle électoral : Éternel chantier en République démocratique du Congo ? »
Dans son livre, Liliane Bibombe rappelle « l’appel retentissant de notre héros national, Patrice Emery Lumumba, qui disait qu’un jour viendrait où l’histoire du Congo serait écrite par les Congolais eux-mêmes ». « Il nous a paru opportun et judicieux de participer au conte de notre histoire comme un legs aux générations futures et comme un possible miroir de notre marche vers un beau futur. », a écrit madame Bibombe. « Libre de ma liberté » est aussi le récit d’une vocation. William Kalengay écrit : « Je me préparais à devenir un administrateur du réel, sans encore savoir que ma véritable vocation serait d’en devenir le chroniqueur, le questionneur et parfois l’accusateur. », avant d’ajouter que « Les chiffres étaient muets ; les mots, eux, pouvaient crier. »
Et pour Erick Tshikuma, cette phrase contient le « basculement d’une vie : le moment où une compétence devient une mission, où un métier devient un devoir ».
Cet ancien journaliste considère que, cette exigence du devoir se retrouve, sous une autre forme, dans le livre de Liliane Bibombe, lorsqu’elle restitue au processus électoral toute sa gravité historique. Elle écrit : « L’histoire du Congo n’est pas seulement celle des anciens royaumes et empires, celle de la traite négrière, celle de Kimpa Vita ou de Simon Kimbangu, ou celle de Kasa-Vubu, Lumumba, Mobutu, Kabila ou Tshisekedi, mais c’est aussi celle des élections, comme processus concerté pour le choix des représentants du peuple et la mise en place des institutions politiques. » « Cette phrase est importante.
Elle rappelle que l’élection n’est pas un épisode administratif. Elle est un moment de vérité nationale », a commenté le député national. Journaliste de son état, Willian Kalengayi écrit : «
Passer de la presse écrite à la télévision, c’est comme passer de la stratégie d’un fantassin à celle d’un pilote de chasse. La perspective change, la vitesse s’accélère, et la marge d’erreur se réduit à néant. »
À propos de ses expériences de conseiller, il écrit encore : « Le danger ne réside pas dans le fait de conseiller, mais dans la confusion des rôles. » À propos du second tour de l’élection présidentielle de 2006, entre Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba, M. Kalengayi écrit: « C’est précisément parce que je n’étais pas un politicien que les deux hommes se sont confiés à moi et ont écouté ce que j’avais à dire. Je n’étais pas un rival, ni un allié. J’étais un tiers de confiance. » Pour sa part, Liliane l’écrit :« La démocratie élective a certes évolué en RDC, mais celle-ci reste un chantier dans ses fondations et principalement dans son armature légale. »
Erick Tshikuma, note que l’une des grandes forces du livre de Liliane Bibombe est de montrer que l’élection ne se réduit ni au scrutin, ni au résultat. « Ces étapes essentielles représentent huit grands moments qui peuvent schématiquement se présenter dans une roue, que nous pouvons appeler roue électorale. », a-t-elle écrit.
Pour le député Tshikuma, le mérite du livre de Liliane est aussi de rappeler que les contestations électorales ne naissent pas seulement après la proclamation des résultats. « Les contestations peuvent survenir avant, pendant et après les scrutins. Les sources en sont tout aussi diversifiées que les formes qu’elles prennent. », a-t-il noté.
Par ailleurs, ces deux ouvrages se répondent jusqu’au bout. L’un nous dit que la liberté doit rester lucide. L’autre nous dit que la démocratie doit devenir cohérente. L’un veille sur la conscience. L’autre sur l’institution.
« A tous deux, nous voulons dire ceci : Vos livres ne nous demandent pas seulement d’admirer deux parcours. Ils nous demandent de penser le Congo avec plus d’exigence. Ils nous rappellent qu’une conscience libre sans institutions solides demeure vulnérable ; et que des institutions sans conscience libre finissent toujours par se vider de leur âme. Le Congo de demain aura besoin des deux : de la flamme et de la structure, de la parole qui éclaire et de la loi qui stabilise, de la mémoire qui transmet et de la réforme qui fonde », a conclu M. Tshikuma.
ACP/C.L.

