Kinshasa, 18 mai 2026 (ACP). – La création des pièces adaptées aux réalités enfantines a été recommandée lundi aux dramaturges de la République démocratique du Congo, afin de promouvoir des spectacles en phase avec l’univers culturel et le développement intellectuel des jeunes publics, selon un expert du secteur lors d’un entretien avec l’ACP.
« Pour l’enfant, il faut aller vers le conte pour enfants africains. Ils veulent ça, ils veulent s’identifier. On ne peut pas leur jouer des pièces d’adultes et s’attendre à ce qu’ils accrochent », a déclaré Alexandre Mwambayi, directeur artistique du Centre des recherches en arts du spectacle africain (Crasa).
Selon ce dramaturge congolais, les contenus destinés aux enfants doivent être conçus à partir de leur environnement quotidien et de leur imaginaire afin de renforcer leur intérêt pour le théâtre et les arts de la scène.
« Les enfants se sentent à l’aise avec des programmes qui mettent en scène les animaux, les arbres et leur environnement. À l’inverse, les contenus comportant des scènes de violence et de combats, sans tenir compte de leur âge, nuisent gravement à leur développement intellectuel. C’est comme donner du poison à un enfant », a-t-il ajouté.
Pour Alexandre Mwambayi, l’enfant doit bénéficier d’un programme adapté à son développement afin de susciter sa curiosité et son attachement au spectacle vivant.
« Placez les bons ingrédients, surprenez-le par l’imaginaire, mais restez ancrés dans son univers. C’est ainsi qu’on éveille sa vocation », a-t-il insisté.
Cette prise de position intervient à quelques jours de l’ouverture du « plus petit théâtre du monde », prévue le 30 mai dans la commune de Ndjili, à l’est de Kinshasa.
D’après les explications fournies par le dramaturge congolais, ce projet vise à mettre à la disposition des enfants un espace scénique conçu à leur taille, avec des représentations adaptées à leur âge et à leur univers culturel.
Alexandre Mwambayi a décrit cette initiative comme « le plus petit théâtre du monde qui s’attaque à de telles maladies et qui propose une innovation de genre de ce métier que nous appelons théâtre ».
Plaidant pour une différenciation claire des genres théâtraux, il a estimé qu’il était important de définir les spectacles selon le public visé.
« Il y a théâtre pour enfants, il y a théâtre pour adultes, il y a la tragédie, il y a le drame, il y a des sociodrames, il y a des psychodrames, etc. Tout ça doit être séparé pour que quand nous allons devant le public ils disent : “Attention, le Crasa par exemple, lui il travaille beaucoup plus sur le sociodrame…” », a-t-il expliqué.
Évoquant l’organisation du futur espace, il a révélé : « Il y aura les chaises, il y aura le rideau qui sépare le mur et la petite scène, avec un public assis là, qui suit religieusement la pièce ».
Sur la proximité entre le comédien et l’enfant, Alexandre Mwambayi a souligné l’importance d’un cadre favorisant l’interaction directe avec le spectacle.
« Il est assis là-bas, il écoute le conte, il réagit, il regarde le comédien, il respire presque », a-t-il fait savoir.
Le dramaturge congolais a également mis en garde contre la tendance consistant à utiliser le théâtre comme simple animation d’événements, estimant que cette pratique dénature la vocation du spectacle vivant destiné aux enfants et freine l’émergence d’une création adaptée à leurs réalités.
ACP/C.L.

